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Bruxelles : Musée des instruments de musique

Le musée des instruments de musique est situé dans un magnifique immeuble art nouveau.


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Dès la lecture du dépliant, une phrase a piqué ma curiosité (« la musique est une langue universelle ») parce qu'elle était associée au fait qu'il n'y aurait pas de difficulté à comprendre l'exposition (aspect de traduction). Astucieux!

En effet, il n'y a pas de textes dans l'exposition. Des vignettes (cartels), oui, mais pas de textes de zone, ou explicatifs. À l'entrée, nous recevons un casque d'écoute à infrarouge qui nous permet d'entendre des centaines d'extraits musicaux lorsque l'on passe devant les vitrines. L'idée est vraiment réussie, quoi que parfois la réception n'est pas facile. Une seule photo cette fois-ci.


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Les instruments sont évidemment magnifiques, écouter la musique est un vrai plaisir. Par contre, il nous manque quelque chose : le contexte, des récits, une histoire, des anecdotes.

Je n'ai pas pris de belles photographies de l'intérieur du musée puisque je ne voulais pas utiliser le flash (et je crois que l'on n'avait pas le droit). Mais d'autres l'ont fait et ont publié sur flickr (preuve que l'arrivée du numérique chamboule totalement le contrôle que les musées ont de leurs « contenus »)... et un petit visionnement vaut vraiment le coup.


Bruxelles : Centre belge de la bande dessinée

Malgré un site Internet bien maigre (normal?), la visite du Centre belge de la bande dessinée est un grand plaisir pour les amateurs de BD.

Installé dans un ancien magasin, le hall est majestueux où se trouve la grande boutique (bondée!)


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Les expositions se situent au deuxième, troisième et quatrième étage. Je crois pouvoir résumer que l'on y retrouve quatre zones principales :

1. Une exposition sur le processus créatif d'une bande dessinée


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On y retrouve de nombreuses figurines de très grand format : les gens adorent se photographier devant elles.

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2. Une zone où des planches de BD sont exposées sur des « chevalets »

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Il est très étonnant de constater que les gens peuvent lire des planches pendant très longtemps (certainement 30 minutes, si ce n'est pas une heure!) tout en demeurant debout. Cela défie toutes les statistiques de confort de lecture en exposition. ;-)

3. Une exposition temporaire (lors de mon passage : Espace réel, espace rêvé : la bande dessinée en orbite)

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Cette exposition combinait une approche très informative (histoire de la conquête de l'espace) avec objets « historiques » et une mise en parallèle avec la bande dessinée où l'on voit qu'elle était un témoin de la passion des créateurs pour l'aventure spatiale. J'ai été surprise du soucis d'exactitude des créateurs. À noter, cette exposition semble être conçue pour circuler.


4. Une dernière zone où l'on retrouve des ilôts pour les principales BD culte.


Avec tellement de planches (originales?) que l'on finit par cibler celles qui nous ont marqué personnellement.

J'ai beaucoup apprécié le fait d'y voir des maquettes de certains univers (les Schtroumpfs!!!) et que la scénographie recrée un environnement « grandeur humaine ». Je n'étais pas avec mes enfants lors de la visite, mais il est clair que ces petits coins auraient fait leur bonheur.

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Une visite très agréable.

Et si je devais vérifier la présence des éléments de ma liste aide-mémoire, les volets Jeu, Famille et enfants ainsi que Humour auraient assurément été cochés. ;-)


Bruxelles : Musée du cacao et du chocolat

À la suite du Colloque de muséologie à Liège (dont je vous ai parlé ici... je sais, je vous avais promis un résumé dans les jours qui suivaient. Toutes mes excuses!), je suis allée passer quelques jours à Bruxelles.

Le moment est venu de vous témoigner de ces visites.

Le musée du cacao et du chocolat

Dès l'entrée, l'odeur du chocolat nous prend au nez et aux émotions. Hum!!!! À ce bon parfum, s'ajoute un superbe accueil : la propriétaire vient nous offrir un speculoos trempé dans le chocolat!

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Le musée est distribué sur trois étages d'une maison toute à côté de la Grand Place. Au rez-de-chaussée, on y retrouve la boutique et une salle de dégustation-démonstration (au fond de la photo d'en haut)... en plus de la cuve de chocolat fondu!


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La démonstration est rapide (et bilingue), mais explique bien comment sont fabriqués les chocolats fourrés. Seul fait étonnant, il n'est fait mention à aucun endroit de prendre garde si l'on est allergique.

Aux étages supérieurs, l'on retrouve des panneaux et mises en scènes explicatives de l'histoire et de la fabrication du chocolat, ainsi que des objets. ... j'aurais bien aimé acheter une chocolatière! ;-)

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Ce que j'ai particulièrement apprécié dans ce musée :

- l'accueil : 1) il y a quelqu'un qui vient nous accueillir (et je ne parle pas de la billetterie); 2) il était vraiment délicieux ce chocolat fondu. ;-)

- l'odeur!

- la démonstration, encore une fois, il y avait interaction avec une personne qui nous transmets son savoir et sa passion.

- la chaleureuse impression de se trouver au coeur de la passion d'une personne et donc loin de la froideur des musées institutionnels.


Ce dernier constat m'a secoué. Est-il possible de retrouver ce contact humain dans un « musée-institution »? Le guide et l'animateur jouent assurément ce rôle, mais sans avoir ce petit côté authentique.


Si je devais évaluer les éléments de mon aide-mémoire muséal, je cocherais certainement Sens et Accueil.

Et leur site Internet joue très bien son rôle : quoi que simple, il est beau et présente très bien le musée... quoi que j'aurais aimé y lire un portrait de la fondatrice (mère de l'actuelle propriétaire) et de la jeune propriétaire.


Mon aide-mémoire de création muséale

Lorsque je conçois une exposition, j'ai toujours en tête une série d'éléments à tenir en compte, par exemple m'assurer d'offrir plusieurs niveaux de lecture, diversifier les types de communication, etc. Cette liste a toujours été informelle : je me disais que la « porter en moi » était suffisant, que je n'avais pas besoin de la noter. Évidemment, dans le brouhaha des derniers instants, la liste passait souvent par-dessus bord.

Il y a plusieurs mois, à la lecture de l'excellent Civilizing the Museum de Elaine Heumann Gurian, j'ai bonifié cette liste d'éléments à suivre lors de la conception d'expositions et autres projets muséaux. La voici. Elle est évidemment toujours en construction et votre contribution serait la bienvenue. Il va de soi que l'énumération que je fais ci-bas n'est pas en ordre de priorité... mais plutôt selon l'ordre dans lequel je l'ai notée dans le troisième de couverture du livre!

Alors, lorsque je produis une exposition, un scénario éducatif, un jeu muséal multimédia ou tout autre projet, je souhaite y retrouver :

- Jeu

- Humour

- Impartial

- Famille et enfants

- Visiteurs locaux vs extérieurs (nationaux et internationaux)

- Les cinq sens

- L'actualité

- Comment le public peut-il bonifier en cours de visite?

- Le public peut-il rapporter quelque chose (réel ou virtuel)?

- Liens entre thématique et la région?

- Responsabilité sociale

- Identité... locale, nationale et internationale

- Types de personnalité (Gardner)

- Meilleure approche pour aborder ce sujet?

- Niveaux ce communication : s'assurer que chaque personne se sent concernée ou y trouve son compte

- Révision de toute l'exposition par des pairs

- Ergonomie et confort

- Accueil


À vous!


Les musées et le Web 2.0 : tour d'horizon

En octobre dernier, lors du colloque de muséologie à Liège, Jean Davallon et Émilie Flon du Laboratoire culture et communication de l'Université d'Avignon, m'avaient demandé si je voulais bien aller présenter à leurs étudiants les observations que j'ai réalisées dans les dernières années sur Internet et ses impacts dans les musées. J'avais évidemment accepté avec grand plaisir.

La présentation était hier après-midi.

Malgré qu'une explication de vive voix soit plus complète et plus agréable, vous pouvez consulter le powerpoint qui a soutenu mon propos.

Voici également un pdf qui rassemble les URL que j'ai mentionnés.

Note : je constate que le téléchargement dans Slideshare modifie passablement la mise en page. Quelle déception! ... mais c'est ça jouer avec les technologies. ;-) Je vais voir comment corriger la chose.

Mise à jour : Voilà, j'ai identifié le problème... la police de caractère et les puces.


Le travail de Johnny Lee

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Je viens de lire la note de Past Thinking sur le travail de Johnny Lee (le site de ses projets), un chercheur au Human-Computer Interaction Institute de la Carnegie Mellon University .

Voici deux exemples de ses travaux.


Je vois bien que c'est extraordinaire et que le gars est génial! Et puisqu'il manipule de l'image (qui donne l'impression de devenir un objet!) cela peut intéresser les musées.

Je ne sais pas trop encore comment nous pourrions l'utiliser. Il faudrait en discuter avec des techniciens de musée pour faire cheminer l'idée. Je partage l'idée avec vous pour que vous le fassiez de votre côté.

N'empêche, c'est exactement ce que je pressentais quand je vous disais (ici aussi) qu'il était important d'étudier les possibilités qu'offre la console wii aux musées.


2008 et la « forêt de non-droit »

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Je viens de terminer le visionnement de cette conférence que Michel Serres à donné le 11 décembre 2007 et dont j'ai connu l'existence par Mario (merci!). ... Que dis-je, le visionnement de l'EXCELLENTE conférence de Michel Serres!

Elle dure une heure (à regarder au complet! ... c'est pour ça que Mario s'est couché tard ;-) ) et est disponible en format mp3 et en vidéo.

Toute personne qui s'intéresse à la culture, à l'humanité, à l'histoire, à la connaissance, aux technologies et au futur en général doit regarder cette conférence. La raison est fort simple : Michel Serres nous y présente pourquoi les nouvelles technologies sont une révolution de société au même titre que l'écriture et l'imprimerie l'ont été dans les siècles passé. L'intérêt de la conférence réside dans le fait que le thème est très habilement abordé avec des mots « quotidiens » plutôt qu'avec des mots technologiques et de programmation. Je vous le dis, une perle à découvrir et à comprendre.

En fait, je pourrais même dire que cette conférence me met enfin des mots sur un sentiment que j'ai depuis quelques années, particulièrement les deux dernières en lien avec ma pratique carnetière. Je m'explique.

Je ne suis pas une fille technologique, quoi que je sois scientifique (suite à mes études et dans ma façon d'être et d'agir). Ainsi, depuis son arrivée, l'Internet a été pour moi un outil plutôt qu'une passion comme pour bien d'autres personnes de mon entourage. Clément étant évidemment le plus proche, mais il y a également Mario, Michel et Nathalie, Carl-Frédéric, François et tous les autres qui ont ou n'ont pas pignon sur web. Les nombreuses discussions que nous avons eus m'ont souvent fait sentir à l'orée d'un nouvel univers, d'une nouvelle époque, d'une nouvelle ère, même si j'ai également eu le sentiment de ne pas détenir toutes les clés de compréhension pour agir dans cet univers. Ma pratique carnetière avait justement pour objectif d'explorer cet univers à la hauteur de mes moyens de « non-geek ».

Depuis mon arrivée en France, j'ai choisi de consacrer mon temps à observer cet univers, cette mouvance Internet, et de m'interroger sur ses impacts et les connexions possibles pour les musées. Malgré que je tienne ce blog depuis 2003, 2006 et 2007 ont été les plus riches en observations et analyses.

Et aujourd'hui, ma pratique carnetière de 2008 commence avec cette vidéo de Michel Serres et j'ai enfin des mots pour comprendre quel est le rôle de la démarche que j'ai entreprise ici. Je suis dans la « forêt de non-droit » du quatrième stade des modes de communication de l'humain!

Hum... vous me suivez? Non. Il va falloir vous taper l'heure de conférence pour comprendre. Ensuite seulement, vous comprendrez ma conclusion à ce mot de lancement de 2008. Désolée. ;-)

Donc, 2007 a été pour moi l'année de l'exploration de cette « forêt de non-droit », de cet univers révolutionnaire où le rapport à la vie est en train de changer. Parce que comme le dit Michel Serres « habiter un nouvel espace n'est pas innocent » et que « dès lors que nous changeons de support [pour communiquer], nous n'avons plus les mêmes manières de penser, de faire la politique, de faire la science, d'enseigner, de faire et partager la culture, etc. ». À ce titre, son analyse temporelle des stades précédents (communication orale, écrite, puis imprimée) est très éclairante. Nous sommes à l'orée d'une ère aussi différente que lors de l'invention de l'imprimerie et la société changera tout comme l'imprimerie l'a fait précédemment.

J'ai plus que jamais la certitude qu'il est essentiel d'étudier la révolution des modes de communication que nous vivons. Comme la muséologie est une façon de jeter un regard sur la vie, je crois que les musées ont le devoir d'expérimenter dans ce nouvel univers.

J'entrevois la nouvelle année comme une occasion d'expérimenter dans cette forêt encore de « non-droit » afin qu'elle devienne de plus en plus compréhensible pour tous.

Bonne année à vous!