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Colloque de l'Association international des musées d'histoire

L'Association internationale des musées d'histoire (AIMH), organise tous les deux ans un colloque international sur un thème d'actualité pour les musées d'histoire dans le monde.

Le Museu Paulista à São Paulo et le Museu Imperial à Petrópolis (Brésil) accueilleront, du 21 au 28 mars 2004, le 7e colloque de l'AIMH (association affiliée à l'ICOM) dont le thème de réflexion est Comment organiser un monde multi-polaire? Les musées dans les nouveaux enjeux planétaires.

J'espère que les actes du colloque seront publics... : )


Concours «Perspective Littoral»

Un concours international d'idées pour la mise en valeur du pied de la chute Montmorency a été lancé la semaine dernière.

L'idée c'est de rassembler des idées de la part de professionnels et d'étudiants afin d'alimenter les travaux préparatoires. Ce concours n'est pas le premier pas pour l'obtention d'un contrat d'exécution mais donne tout de même des bourses intéressantes.

Voilà un bel exemple d'initiative qui donne l'occasion aux gens de s'approprier de leur ville et de la façonner à leur image... ou du moins de signifier comment ils la voient! Parce que l'innovation, ça peut être le résultat des idées de plusieurs personnes...


Protection du patrimoine : des pantoufles?

Via Blog de Viajes. Les autorités péruviennes ont trouvée une solution pour la protection du patrimoine de Macchu Picchu : inviter le touriste à mettre des pantoufles.

Je comprends l'idée derrière le geste : semblerait qu'il y a des milliers de visiteurs à chaque jour. Et ces visiteurs marchent sur des lieux historiques, sur des pierres millénaires, dans des habitations «patrimoine de l'humanité», dans des temples dont les scientifiques n'ont pas fini d'étudier.

Mais sérieusement, des pieds qui marchent, des mains qui touchent, des cadences rythmées, des sentiers «uniques», des respirations, de l'humidité et bien d'autres conditions ne deviendront pas négligeables face à de belles pantoufles! Le problème semble être une question de nombre de visiteurs. Mais comment limiter leur nombre quand l'économie en dépend?

Comment protéger un trésor mondial de l'humanité quand l'économie du pays en dépend et quand la visite in situ est le seul attrait? Sérieux questionnements!

À quand les bulles de lévitation dans lesquelles on pourrait s'installer pour visiter des sites de ce genre?


Consommer la culture?

Nadine me fait ici un commentaire très intéressant sur l'idée de consommer de la culture.

Afin que nous puissions tous participer à la réflexion, j'y réponds ici plutôt que dans les «commentaires».

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Je suis d'accord avec toi que le mot consommer de la culture est agaçant. Nous aimerions établir une différence entre consommer de la culture (plus noble) et consommer des objets (plus terre à terre).

Pourtant, lorsque nous réalisons des expositions, nous souhaitons qu'elles soient attrayantes, dynamiques, «punchées» et où l'on peut y vivre une expérience. Nous faisons du marketing pour attirer les gens! Nous souhaitons que le visiteur dépense son argent (et vienne se cultiver aussi!) au musée plutôt que dans un livre ou au cinéma, ou même dans des vêtements ou des gadgets.

Nous leurs lançons le message que le musée est un lieu de «consommation culturelle», bref, un lieu où la consommation est de «bon goût» ou de «bon niveau», où ils pourront «élever leur esprit en explorant diverses facettes de la capacité humaine ou de la réalité qui nous environne».

Pourtant,

- parce que nous devons payer pour y aller;

- parce que nous faisons le choix d'aller prendre plaisir au musée plutôt qu'ailleurs;

- parce que le musée emploie les mêmes moyens de marketing et d'esthétisme (graphisme, design, etc.) que toute autre activité où l'on doit «consommer» (lancements, conférences de presse, publicités, études de qualité, etc.);

- parce que nous y allons pour nous divertir : ce qui ne veut pas nécessairement dire pour rire ou pour se vider l'esprit. Je lis des livres pour me divertir, je vais voir du cinéma pour me divertir (que ce soit pour des films de répertoire ou «américains»), je vais au théâtre pour me divertir et, en plus!, j'y vais pour me cultiver, pour apprendre, pour explorer la pensée humaine.

Pour tout cela, je considère que nous consommons bel et bien de la culture.

Mais bon, le mot n'est pas beau, j'en conviens. Il fait référence à sa destruction après l'avoir consommé (par exemple : consommer des aliments). Et, il fait référence à l'aspect économique.

Le fameux aspect économique. Peut être que si les musées et l'ensemble du milieu de la culture s'enlevait cette culpabilité de faire de l'argent avec la culture, alors nous pourrions enfin vivre décemment? Et faire de l'argent ne veut pas nécessairement dire «facturer beaucoup à la population».

Je suis convaincue que si nous calculions l'ensemble de l'argent qui transite dans le milieu culturel (musées, livres, danse, conférences, etc., salaires, ventes, activités, etc.) nous serions étonnés de notre pouvoir et de notre impact sur la société.

À cet égard, je porte à votre attention une réflexion qui est présentement en cours pour faire de québec une cité éducative. C'est le projet de Clément Laberge. Son carnet y fait largement référence. Clément porte le message à l'effet que le milieu de l'éducation est en lui même un vecteur économique important. Le milieu de l'éducation, ce n'est pas juste les écoles. C'est aussi les formations de perfectionnement qui se donnent un peu partout pour les travailleurs, c'est les publications de divers ordres, c'est les musées, c'est les librairies, c'est les garderies, c'est les cours de loisirs, c'est les congrès et c'est bien plus que ça.

Avec le projet de faire de Québec une cité éducative, des gens de milieux forts différents, des gens qui ne se parlaient jamais, commencent à se parler parce qu'ils voient enfin un fil conducteur dans leurs actions. Un fil qui ne les fera pas nécessairement travailler ensemble «au jour le jour» mais un fil, un horizon, qui leur donne l'impression de ramer dans le même sens.

Remarquez-vous à quel point il y a de l'économie derrière ça? Il y a des millions et des millions. C'est la même chose pour le milieu de la culture (qui, d'ailleurs, s'inscrit en bonne partie dans le milieu de l'éducation). Nous avons un impact et un pouvoir économique pour notre société. Parce que nous sommes bel et bien un des vecteurs économiques de notre société.