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Réflexion de voyage : neutre le musée?

Nadine Davignon de Transfert Environnement nous transmets le fruit de ses observations muséales, lors de son voyage en Asie, dans la dernière édition du MuST :Le musée des sciences de Hong Kong, une rencontre entre l'Orient et l'Occident.

J'aime beaucoup son deuxième constat: «malgré une apparence de culture scientifique universelle, des éléments de la culture locale s'insèrent dans le parcours soit disant neutre de la science.»

Neutre la science? Jamais. Parce qu'il ne faut pas oublier que derrière la science, derrière l'éprouvette, derrière l'ordinateur, derrière le laser, mais aussi derrière le musée, il y a un humain. Et l'humain est tout sauf neutre. Il est empreint du parfum de sa société, de sa culture, de ses besoins et surtout, de sa personnalité.

Nadine donne des exemples de saveur asiatique en culture scientifique. Puis, elle pose cette question: quelles sont les nôtres?

Éléments de réponse: intégration des femmes en science, accessibilité pour toutes les clientèles, démocratie, mondialisation, interactivité, manipulations...

C'est en côtoyant les réalités des autres que l'on peut étudier les nôtres.

Commentaires

Nathalie

Très intéressant!

En orientation, on parlait souvent des "biais culturels" dans les tests psychométriques validés scientifiquement (ex.: certains tests de QI). Même le choix d'un médium (contenant = verbal, papier-crayon ou informatisé) pour présenter le test à l'individu a un impact. Imagine les biais au niveau du contenu (choix des critères, vocabulaire, valeurs, etc.). Selon moi, ces influences sont plus facilement admises en sciences humaines.

Moi aussi, je crois que les sciences pures et appliquées ne sont pas aussi objectives que certains le prétendent...

Ana

En muséologie, même le design est culturel. Matériaux (bois, métal, synthétique, papier), formes (murs hauts, droits, ronds, transparents), dispositions (on tourne à gauche ou à droite en entrant?, linéaire, enfilade d'espaces ou grappes?), hauteur du texte (... paraît que les slaves sont généralement plus grands que les asiatiques), couleurs, manipulations...

Parfois on peut vivre des problèmes de conscience avec des questionnements. Essayer d'atteindre une certaine «pureté objective» qui transcende les cultures, qui devient, finalement, une expression de l'uniformisation mondiale.

Je pense qu'il vaut mieux en être conscient et surtout, ne pas les ignorer (faire semblant qu'il n'y a rien là). Il vaut mieux s'en servir comme tremplin. Parce qu'après tout, une exposition est une autre des façons d'exprimer et de donner de la saveur à notre culture. Une exposition sur l'écologie ici au Québec ne sera pas exactement la même qu'au Texas ou encore qu'à Calcutta.

Et c'est bien comme ça.

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