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octobre 2003

Métier : muséologue

On retrouve dans le journal Le Soleil un article très intéressant sur John Porter, directeur général du Musée national des beaux-arts du Québec.

Ceux qui sont dans le domaine vous diront que le métier de muséologue ne suit jamais une ligne droite. L'histoire de Porter le confirme.

Mais ce que cet article m'a surtout fait réaliser c'est que notre vie de muséologue est une succession de petits cailloux que sont chacune des expositions auxquelles nous participons. À l'image du vécu de Porter, nous avons tous une (ou plusieurs!) exposition Rodin sur notre parcours. Cet état de faits est inhérent à notre métier.

Et cela me réjouit. Si je suis muséologue, il y a principalement une raison: ça change tout le temps. Le sujet change, le lieu change, l'environnement change, l'équipe change. À chaque fois il faut réinventer. La force des muséologues (et sûrement de plusieurs autres métiers) c'est de maîtriser une méthode, une attitude professionnelle. Le journaliste Régis Tremblay parle de Porter comme un «muséologue extrême». Des fois, je me demande si cela devrait tout simplement s'appliquer à toute la muséologie!

Porter rêve d'aggrandir le Musée. Moi, je rêve de travailler avec une équipe visionnaire. Une équipe qui «trippe» et s'amuse à inventer ensemble.


Jean-Pierre Ronfard

Cela fait près de vingt ans que je suis abonnée au Théâtre du Trident. Une pièce, par-dessus toutes les autres, m'a particulièrement marquée: Ines Pérée et Inat Tendu de Réjean Ducharme (saison 1998-1999). La mise en scène était majestueuse. Elle donnait une force incroyable au texte et au jeu des comédiens. Cette mise en scène était l'oeuvre de Jean-Pierre Ronfard.

Et voilà que la nouvelle nous annonce le départ de cet homme de théâtre.

Sa dernière mise en scène, Oedipe à Colone, actuellement présentée à L'Espace Go, sera au Théâtre du Trident du 4 au 29 novembre 2003.



Mes adieux. À la famille. Aux amis. Merci et courage.


Journées de la culture

Dès aujourd'hui, et jusqu'à dimanche le 28 septembre, se tiennent les Journées de la culture. Une foule (le mot est faible!) d'activités pour découvrir les faces cachées de la culture.

Pour n'en nommer qu'une...

Au Centre de conservation de Québec, vous aurez l'occasion de voir le travail extraordinaire (presque magique!) que font les restaurateurs. Visites libres et conférences sont au menu.

Des Journées à découvrir! Vous pourrez aller derrière les coulisses, dans les ateliers... là où on voudrait toujours aller!


Ha! ha!

Vu la pièce de Réjean Ducharme Ha! ha! au Théâtre du Trident.

Les comédiens sont extraordinaires. Impossible de voir les personnes derrière les personnages. Ils SONT les personnages!

Éclairages. Wow! Jeux de temps, jeux de lumières. Une merveilleuse démonstration que la lumière peut parler!

Pour la pièce en soi, il faudra que je lise le texte. Les jeux de mot «à l'écrit» s'envolent lorsqu'ils quittent le papier. Et Ducharme y prend particulièrement plaisir à jouer avec les mots.

Je dois vous avouer qu'à un moment donné, j'ai failli me lever et crier « Ça suffit! Arrêtez d'être méchants comme ça!». Il a fallu que je me retienne très fort, que je me rappelle que j'étais dans une pièce de théâtre pour ne pas agir de la sorte.

Malheureusement, il arrive encore trop souvent que des gens vivent ces humiliations et cette méchanceté. Ce n'est alors plus une comédie.


L'homme du train

Vu le film L'homme du train de Patrice Leconte, avec Jean Rochefort et Johnny Hallyday.

Deux hommes. Peu de communication mais beaucoup de dialogues. Ils se comprennent à demi-mot.

La vie de l'autre semble plus attrayante que la nôtre. Pourtant, les vies de Manesquier et de Milan ne sont pas des rêves.

Un film lent, sans action mais avec de beaux échanges et quelques rires.


Gratia Dei

Faisant d'une pierre deux coups, je suis retournée voir l'exposition Gratia Dei sur le Moyen-Âge au Musée de la Civilisation. La dernière fois, j'y avais amené quatre enfants de 10 ans, 8 ans, 5 1/2 ans et 3 1/2 ans. Ouf!

Seule, ce n'était pas pareil. ;-)

Alors voilà mes impressions. Une Grande exposition. Splendeur. Solidité. Un vrai livre ouvert pour s'instruire. Une tonne de thèmes (le rêve du muséologue qui déteste écarter plusieurs pans d'un sujet!). De superbes objets évocateurs, qui ont du vécu, historiques. Des textes très instructifs.

Coups de coeur:

- l'origine des mots. À tout moment, des mots courants d'aujourd'hui sont expliqués selon leurs racines latines de l'époque. Une belle partie de dictionnaire!

- un extrait d'un poème. Si on pensait le Moyen-Âge «coincé» avec les impositions religieuses, on sera détrompé. Très très étonnant. En matière de littérature érotique, les auteurs du temps semblent en avoir beaucoup à dire.

- la photo des gratte-ciels du Moyen-Âge. Juste pour cette petite photo-là, l'exposition en valait le coup! Arriéré le Moyen-Âge? Mon oeil! Je vous mets au défi de la retrouver!


.. et je pourrais continuer comme ça des lignes et des lignes.

Prenez le temps d'aller la voir. Elle vaut le détour.


... suite portraits de femmes

J'y suis allée aujourd'hui. Une exposition «de corridor». Simple. Épurée. Son style me rappelle celle que j'avais fait il y a un peu plus de cinq ans sur le pont de Québec.

Les thèmes sont universels: femme, mère, professionnelle.

;-)

- Une femme qui joue au golf en jupe longue et en blouse. Belle. À l'aise avec la probable exceptionnalité de son geste.

- Une superbe mère avec son bébé tout enrobé de dentelles. Ou encore une joyeuse corvée de tomates!

- Des infirmères fières de leur profession... de leur vocation!

Bref, de belles photos évocatrices des divers statuts de la femme.