Photo-étude internationale sur l'alimentation.

Tout un titre, n'est-ce pas? Nous sommes vendredi et j'ai le goût de vous partager une découverte « pas muséale », mais qui me semble très importante.

Alors voilà.

Mon amie Anouk Malboeuf, géographe et qui a travaillé au Centre des sciences de Montréal, habite depuis trois mois au Sénégal afin de réaliser un projet de coopération internationale pour le CECI. Elle m'a fait découvrir une présentation photographique du TIMES magazine (série 2 et série 3). GÉNIAL!

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Les photographies ont été prises par Peter Menzel et publiées dans son livre Hungry Planet.


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À prime abord, je me suis dit « Bah! Je sais déjà ce que ça va dire. Nous les occidentaux on mange plus, trop, mal, chimique, etc. ». Mais bon, si Anouk dit que c'est bien à regarder, je suis son conseil. Et je plonge.

Premières images. Ah bon! Il n'y a pas juste les « américains » qui mangent beaucoup et pas si bien que ça! Mais ça, je le savais déjà. Ça a été une des surprises que j'ai vécu en arrivant en France.

Évidemment, l'image de la famille de réfugiés est saisissante par le peu de nourriture consommée, surtout lorsque l'on compare avec les précédentes et les suivantes. Mais au-delà de ce dur constat, je suis charmée par l'attitude de la mère. Fière, digne, protectrice, douce, maternelle. Cette image-là, je l'aime.

Et je continue...

Beaucoup de légumes... pas de légumes... du poisson... pas de viande... beaucoup de viande...

Et là, le choc. Mais il y a du plastique partout! Tout ce plastique qui emballe ces aliments transformés, c'est incroyable! Et tout cela ira en majorité à la poubelle? Sans recyclage? Et ça recommence à chaque semaine? Pour chaque famille? Dans chaque ville, dans chaque pays? Nous faisons ça à notre planète? Mais ça va pas la tête?

Et moi? Et bien, quoi que déjà très attentive à nos comportements écologiques familiaux, je me dis qu'en réalité, je n'en fais pas assez. Tiens, pourquoi je n'essaierais pas de noter exactement tout ce que nous consommons en une semaine? Je n'en ferais pas nécessairement une photo ( ;-) ), mais l'exercice me semble intéressant.

Et en même temps, je suis bien consciente qu'il n'est pas possible de totalement éliminer les matériaux d'emballage de notre vie. Tube dentifrice, paquet de beurre, emballage des rouleaux de papier de toilette, bouteille de sauce soya, bouteilles de lait. Je ne peux pas me passer de tout et ne consommer que des aliments « non-préparés ». Et il ne m'est pas envisageable de revenir à l'époque où l'on partait avec sa « canisse de métal » pour la remplir de lait.

Pourtant, il faudra faire encore plus d'efforts. Pas pour manger moins que ce que nous avons besoin pour être en santé. Parce que c'est aussi le progrès des matériaux et des produits de conservation qui ont contribuer à améliorer et prolonger la vie. Mais bon, il faudra faire plus d'efforts pour manger local, donc moins transformé et peut être moins emballé. Choisir des matériaux d'emballage moins polluants et recyclables.

Enfin, j'arrête ici. Je ne veux pas vous faire la morale ni vous indiquer un (droit?) chemin. Chacun doit l'identifier son chemin.

Et finalement, quand je disais que ce n'était pas un sujet muséal, je me trompais. Il y a une superbe exposition à développer à partir de ces photographies. Les thématiques sont nombreuses! Variations, selon l'endroit, sur les aliments consommés, évidemment. Investissement financier consacré à l'alimentation, empreinte écologique des produits, aspects sociaux, aspects historiques... et je pourrais continuer ainsi.

(... j'apprécierais ne pas être accusée de tout ramener aux musées.) ;-)


2008 et la « forêt de non-droit »

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Je viens de terminer le visionnement de cette conférence que Michel Serres à donné le 11 décembre 2007 et dont j'ai connu l'existence par Mario (merci!). ... Que dis-je, le visionnement de l'EXCELLENTE conférence de Michel Serres!

Elle dure une heure (à regarder au complet! ... c'est pour ça que Mario s'est couché tard ;-) ) et est disponible en format mp3 et en vidéo.

Toute personne qui s'intéresse à la culture, à l'humanité, à l'histoire, à la connaissance, aux technologies et au futur en général doit regarder cette conférence. La raison est fort simple : Michel Serres nous y présente pourquoi les nouvelles technologies sont une révolution de société au même titre que l'écriture et l'imprimerie l'ont été dans les siècles passé. L'intérêt de la conférence réside dans le fait que le thème est très habilement abordé avec des mots « quotidiens » plutôt qu'avec des mots technologiques et de programmation. Je vous le dis, une perle à découvrir et à comprendre.

En fait, je pourrais même dire que cette conférence me met enfin des mots sur un sentiment que j'ai depuis quelques années, particulièrement les deux dernières en lien avec ma pratique carnetière. Je m'explique.

Je ne suis pas une fille technologique, quoi que je sois scientifique (suite à mes études et dans ma façon d'être et d'agir). Ainsi, depuis son arrivée, l'Internet a été pour moi un outil plutôt qu'une passion comme pour bien d'autres personnes de mon entourage. Clément étant évidemment le plus proche, mais il y a également Mario, Michel et Nathalie, Carl-Frédéric, François et tous les autres qui ont ou n'ont pas pignon sur web. Les nombreuses discussions que nous avons eus m'ont souvent fait sentir à l'orée d'un nouvel univers, d'une nouvelle époque, d'une nouvelle ère, même si j'ai également eu le sentiment de ne pas détenir toutes les clés de compréhension pour agir dans cet univers. Ma pratique carnetière avait justement pour objectif d'explorer cet univers à la hauteur de mes moyens de « non-geek ».

Depuis mon arrivée en France, j'ai choisi de consacrer mon temps à observer cet univers, cette mouvance Internet, et de m'interroger sur ses impacts et les connexions possibles pour les musées. Malgré que je tienne ce blog depuis 2003, 2006 et 2007 ont été les plus riches en observations et analyses.

Et aujourd'hui, ma pratique carnetière de 2008 commence avec cette vidéo de Michel Serres et j'ai enfin des mots pour comprendre quel est le rôle de la démarche que j'ai entreprise ici. Je suis dans la « forêt de non-droit » du quatrième stade des modes de communication de l'humain!

Hum... vous me suivez? Non. Il va falloir vous taper l'heure de conférence pour comprendre. Ensuite seulement, vous comprendrez ma conclusion à ce mot de lancement de 2008. Désolée. ;-)

Donc, 2007 a été pour moi l'année de l'exploration de cette « forêt de non-droit », de cet univers révolutionnaire où le rapport à la vie est en train de changer. Parce que comme le dit Michel Serres « habiter un nouvel espace n'est pas innocent » et que « dès lors que nous changeons de support [pour communiquer], nous n'avons plus les mêmes manières de penser, de faire la politique, de faire la science, d'enseigner, de faire et partager la culture, etc. ». À ce titre, son analyse temporelle des stades précédents (communication orale, écrite, puis imprimée) est très éclairante. Nous sommes à l'orée d'une ère aussi différente que lors de l'invention de l'imprimerie et la société changera tout comme l'imprimerie l'a fait précédemment.

J'ai plus que jamais la certitude qu'il est essentiel d'étudier la révolution des modes de communication que nous vivons. Comme la muséologie est une façon de jeter un regard sur la vie, je crois que les musées ont le devoir d'expérimenter dans ce nouvel univers.

J'entrevois la nouvelle année comme une occasion d'expérimenter dans cette forêt encore de « non-droit » afin qu'elle devienne de plus en plus compréhensible pour tous.

Bonne année à vous!



Réchauffement climatique

Le site d'actualiés de la cité des sciences fait écho au bilan publié par le Groupe Intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat. La note Réchauffement climatique : les nouvelles previsions du GIEC est sans équivoque. Il y a réchauffement climatique et nous avons maintenant les données qui expliquent ses sources et ses effets.

Le GIEC n'est pas un petit groupe de chercheurs isolés. C'est le comité mis en place par l'Oganisation météorologique mondiale et le Programme des Nations Unies pour l'environnement.

Il faudra bien faire quelque chose.

Les musées peuvent évidemment parler des changements climatiques lors d'expositions ou de conférences. C'est un grand rôle déjà. Majeur. Mais peuvent-ils faire plus? Leur fonctionnement pourrait-il avoir moins d'impact sur notre environnement?


S'amuser à apprendre

Une autre publication de François qui me semble utile dans l'univers de l'éducation muséale.

On va au musée pour apprendre mais on y va surtout pour «s'amuser à apprendre». Une nuance importante. Et «s'amuser à apprendre» ne veut pas nécessairement dire «jouer».

Pour les niveaux préscolaire et premier cycle, on s'en souvient souvent. Pour les niveaux supérieux, on l'oublie la plupart du temps.

Et la référence à Orbiting the giant Hairball est très judicieuse. Ceux qui oeuvrent dans les musées d'art devraient le lire. Et les autres aussi puisqu'on y parle de création et de «philosophie» de vie, de vie en groupe. Elle complète d'ailleurs celle des livres d'Alexandre Jardin et d'un livre qui parle des Wow projects (ceux qui savent de quoi je parle pourront me donner le titre exact... je ne retrouve pas le livre).


Plus ça change...

... plus c'est pareil?

Cet article me confirme que nous devons continuer à défendre la place des femmes.

Même dans nos sociétés dites plus «civilisées».

Et en passant, ça ne vous choque pas de lire que ça fait juste 60 ans que les femmes ont le droit de vote? Je sais, c'est une question de perspective. Dire que ça s'est fait dans les années 1940, signifie que ça s'est passé il y a longtemps (... très longtemps même). Mais dire que ça fait 60 ans, on voit bien que sur l'échelle de la modernité, c'est comme si c'était hier!

... et il y en a encore qui disent qu'on devrait arrêter de parler de féminisme. Non mais...


Retour sur le colloque Lire la Science

Je vous avais signalé que j'étais allée au colloque Lire la science organisé par la Société pour la promotion de la science et de la technologie.

Voici, en vrac, mes commentaires.

- Découverte de l'organisation Livres ouverts : sélection et classification de livres jeunesse québécois et de partout dans le monde, commentaires sur les livres, scénarios pédagogiques et culturels, regroupement de livres.

- Il y a un grand besoin pour le développement de livres de type documentaire jeunesse dans le domaine des sciences. Avis aux intéressés!

- Visionnement d'un vidéo réalisé par une cinéaste dans une école de Montréal. Ce vidéo devrait être vu par TOUS les enseignants, directeurs d'école, intervenants du milieu de la culture. Le vidéo s'appelle Lecture scientifique pour non lecteurs et a été réalisé par Lorraine Cadotte en collaboration avec Ginette Larose (enseignante à l'école Georges-Vanier).

Semblerait que le vidéo est présentement dans bureaux du MEQ (programme Agir autrement) et que c'est là qu'il faut s'adresser pour pouvoir le visionner. Je vous le dis, ce vidéo est EXTRAORDINAIRE. Il y a mérité une ovation debout de l'ensemble de la salle.

En bref, on y voit un enseignante de français d'une classe de jeunes en «cheminement particulier» qui organise un projet visant à intéresser les élèves à la lecture de documentaires de nature scientifique. Au début, les jeunes disent clairement «Je n'aime pas lire». Imaginez lire des livres de science! Avec l'aide de communicateurs scientifiques et l'implication de la conseillère pédagogique, ces jeunes sont peu à peu amenés à découvrir les documentaires, à s'approprier un sujet et à organiser leur recherche. À la fin, ils devaient faire une présentation devant leurs collègues. Vraiment, j'y repense et j'ai des tremblements tellement le vidéo rend bien les émotions, les efforts qui ont été nécessaires et la satisfaction des jeunes qui ont enfin découvert qu'ils pouvaient aimer lire et apprendre. Si vous oeuvrez dans le domaine de l'enseignement, vous DEVEZ le visonner.

- Danielle Bergeron des Bibliothèques publiques Saguenay-Lac-Saint-Jean a présenté leur projet de mallettes d'exploration en science et science-fiction. Chaque mallette contient une sélection de livres (romans, documentaires, périodiques, etc.) reliés à une thématique, un guide d'animation de l'activité (en classe ou à la bibliothèque... ou au musée!), des fiches explicatives (ex. qu'est-ce qu'un documentaire?) et des activités à faire. L'ensemble de ces documents est disponible gratuitement. Il suffit de s'adresser à votre Centre régional des services pour la bibliothèques publiques (CRSBP). Ils ont un cédérom avec tout le matériel que vous pourrez imprimer. Une autre ressource extraordinaire en culture scientifique... et à votre portée!

- Présentation de Simon de Jocas de la maison d'édition Beauchemin. Une analogie extraordinaire sur le nombre de livres qu'un enfant doit cotôyer :

- «Imaginez un jardin où il n'y a qu'une fleur.

- C'est mince.

- Maintenant, imaginez-en un qui en a 1500 ou 2000.

- C'est beaucoup mieux!»


Voilà, quelques commentaires, quelques notes, quelques découvertes. Vraiment, un bon colloque. Merci aux organisateurs!


Colloque Lire la science

Je suis au colloque Lire la science organisé par la Société pour la promotion de la science et de la technologie.

Deuxième journée aujourd'hui. Mes commentaires seront peut être un peu décousus voire même confus. «Ben coudonc, c'est mieux que rien!» ;-)

Extraordinaire. Passionnant. Invitant.

Extraordinaire de voir les produits et activités réalisées par divers intervenants du milieu de la culture scientifique. L'aventure humaine est vraiment extraordinaire et doit être communiquée à nos jeunes. D'ailleurs elle l'est!

Les jeunes bénéficient de cette passion des gens du milieu. Les enseignants, les bibliothécaires, les musées, les communicateurs, tous, vraiment tous ceux qui sont ici dégagent un parfum de passion.

De la culture scientifique, il s'en fait. Il s'en fait beaucoup. Mais elle n'a parfois pas le nom ou l'image que l'on s'imagine. Et c'est bien tant mieux comme ça!

Je me sens bien chanceuse de faire partie de cette communauté. Je me trouve privilégiée d'avoir pour travail l'«obligation» de découvrir, d'apprendre et surtout, de partager ces explorations.

Un colloque invitant aussi parce que les gens sont vraiment ouverts, dynamiques et heureux de se retrouver avec des gens de leur «espèce». On partage, on rit, on applaudit, on s'exclame. L'animation est là, le plaisir et l'aventure aussi.

Vraiment, bravo aux organisateurs!

... à mon retour, je vous ferai un bref résumé de ce qui m'a accorché.


On s'comprends plus... pourquoi?

René Barsalo, via ConstellationW3, partage une réflexion extraordinaire sur les conflits générationnels en lien avec les technologies développées durant chacune de ces génération.

Vraiment, une approche simple mais combien éloquente.

La réflexion ne donne pas nécessairement de réponses aux questionnements mais elle nous permet de comprendre des situations. Déjà, c'est un grand pas vers la solution!

À lire absolument.


Consommer la culture?

Nadine me fait ici un commentaire très intéressant sur l'idée de consommer de la culture.

Afin que nous puissions tous participer à la réflexion, j'y réponds ici plutôt que dans les «commentaires».

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Je suis d'accord avec toi que le mot consommer de la culture est agaçant. Nous aimerions établir une différence entre consommer de la culture (plus noble) et consommer des objets (plus terre à terre).

Pourtant, lorsque nous réalisons des expositions, nous souhaitons qu'elles soient attrayantes, dynamiques, «punchées» et où l'on peut y vivre une expérience. Nous faisons du marketing pour attirer les gens! Nous souhaitons que le visiteur dépense son argent (et vienne se cultiver aussi!) au musée plutôt que dans un livre ou au cinéma, ou même dans des vêtements ou des gadgets.

Nous leurs lançons le message que le musée est un lieu de «consommation culturelle», bref, un lieu où la consommation est de «bon goût» ou de «bon niveau», où ils pourront «élever leur esprit en explorant diverses facettes de la capacité humaine ou de la réalité qui nous environne».

Pourtant,

- parce que nous devons payer pour y aller;

- parce que nous faisons le choix d'aller prendre plaisir au musée plutôt qu'ailleurs;

- parce que le musée emploie les mêmes moyens de marketing et d'esthétisme (graphisme, design, etc.) que toute autre activité où l'on doit «consommer» (lancements, conférences de presse, publicités, études de qualité, etc.);

- parce que nous y allons pour nous divertir : ce qui ne veut pas nécessairement dire pour rire ou pour se vider l'esprit. Je lis des livres pour me divertir, je vais voir du cinéma pour me divertir (que ce soit pour des films de répertoire ou «américains»), je vais au théâtre pour me divertir et, en plus!, j'y vais pour me cultiver, pour apprendre, pour explorer la pensée humaine.

Pour tout cela, je considère que nous consommons bel et bien de la culture.

Mais bon, le mot n'est pas beau, j'en conviens. Il fait référence à sa destruction après l'avoir consommé (par exemple : consommer des aliments). Et, il fait référence à l'aspect économique.

Le fameux aspect économique. Peut être que si les musées et l'ensemble du milieu de la culture s'enlevait cette culpabilité de faire de l'argent avec la culture, alors nous pourrions enfin vivre décemment? Et faire de l'argent ne veut pas nécessairement dire «facturer beaucoup à la population».

Je suis convaincue que si nous calculions l'ensemble de l'argent qui transite dans le milieu culturel (musées, livres, danse, conférences, etc., salaires, ventes, activités, etc.) nous serions étonnés de notre pouvoir et de notre impact sur la société.

À cet égard, je porte à votre attention une réflexion qui est présentement en cours pour faire de québec une cité éducative. C'est le projet de Clément Laberge. Son carnet y fait largement référence. Clément porte le message à l'effet que le milieu de l'éducation est en lui même un vecteur économique important. Le milieu de l'éducation, ce n'est pas juste les écoles. C'est aussi les formations de perfectionnement qui se donnent un peu partout pour les travailleurs, c'est les publications de divers ordres, c'est les musées, c'est les librairies, c'est les garderies, c'est les cours de loisirs, c'est les congrès et c'est bien plus que ça.

Avec le projet de faire de Québec une cité éducative, des gens de milieux forts différents, des gens qui ne se parlaient jamais, commencent à se parler parce qu'ils voient enfin un fil conducteur dans leurs actions. Un fil qui ne les fera pas nécessairement travailler ensemble «au jour le jour» mais un fil, un horizon, qui leur donne l'impression de ramer dans le même sens.

Remarquez-vous à quel point il y a de l'économie derrière ça? Il y a des millions et des millions. C'est la même chose pour le milieu de la culture (qui, d'ailleurs, s'inscrit en bonne partie dans le milieu de l'éducation). Nous avons un impact et un pouvoir économique pour notre société. Parce que nous sommes bel et bien un des vecteurs économiques de notre société.


Démocratie

«Un système où cinq individus sur cent ont accès aux nouvelles sources d’information comme l’Internet n'est-il pas “un système anti-démocratique et instable”?»

Commentaire de Paul Kennedy aux Entretiens du XXIe siècle organisés par l’UNESCO

Tiré du document dont je vous parlais ici (section en haut à droite L'essor de la société de l'information).


Je me permets. C'est un document à lire. Absolument.


Avoir la mémoire longue

Lu un paragraphe étonnant dans cet article de Québec science (mai 2000): La météo en 2050 : chaud et orageux en fin de journée par Emmanuelle Bergeron.

«Le système écologique a la mémoire longue. Diminuer les émissions de CO2 n’arrêtera pas le réchauffement climatique, selon Charles Lin [Centre de recherche su rles changements climatiques et planétaires de l'Université McGill]. L’océan a une grande capacité calorifique et a déjà emmagasiné l’augmentation de température, qu’il transmettra longtemps à l’atmosphère.»

Incroyable!

Et nous voulons réellement en rajouter avec Suroît??? (à cet effet, voir Remolino pour une suite de réflexion) Non mais, faudrait pas penser que nous les avons élus le 14 avril pour ça, non!?!


Futurs possibles : dix tendances pour l'humanité

Lu dans le Le nouveau Courrier (mai 2002) de l'UNESCO un extraordinaire article de prévision des tendances pour le XXIe siècle (ce sont les dix liens en haut à droite sous le titre Grand angle).

On y lit, en introduction:

«Pris par le vertige de l'immédiat, soumis à la tyrannie de l'urgence, nous ne prenons pas le temps d'élaborer des actions construites ou d'en envisager les conséquences. Nous sommes embarqués, sans freins et sans visibilité, dans l'aventure du futur. Pourtant, plus une voiture roule vite, plus ses phares doivent porter loin. (...) Il faut adopter une vision clairvoyante, tournée vers l'avenir, un regard prospectif sur le monde : demain, nos enfants récolteront les fruits de notre anticipation ou de notre aveuglement.»

J'aime beaucoup l'idée de chercher à réfléchir un peu plus sur l'ampleur, l'impact, l'avenir de nos idées et de nos actions. Sinon, nous agissons dans l'actuel sans nous préoccuper du futur. Dans un contexte d'expositions, cela m'apparaît crucial.

Je vois le musée de société comme un lieu de réflexion, voire un lieu où l'on me guide dans un débat. Il est évident que dans nos travaux nous nous basons sur le passé (recherches, iconographie, entrevues, etc.) et que nous parlons de l'actuel. Mais qu'en est-il du futur, des enjeux, des conséquences, des impacts, de ce que nous serons? Peut être qu'il ne faut pas juste y consacrer «le dernier panneau»? Peut être que le futur fait partie intégrante de la réflexion et surtout du propos que nous tenons sur l'actuel? Savoir ce qui s'en vient nous positionne mieux pour énoncer correctement notre propos.

Alors voilà, c'est un article que je recommande à tous. Ces dix tendances ne sont pas associées au milieu de la culture ou des musées mais à l'avenir de notre planète, de nos sociétés et donc, à Notre avenir.

Troublant et stimulant.