Le programme éducatif du Québec : un récapitulatif pour faire taire ses détracteurs

Je viens de recevoir par courriel un texte écrit par Gilles Bouchard (attaché de cours à l'UQAM et ex-directeur des services éducatifs dans une CS de la rive-sud de Montréal) qui porte sur le programme d'éducation du Québec. Un texte qui explique d'où vient ce programme et surtout qui décortique tous les mythes que l'on entend sur lui depuis trop longtemps.

Le programme d'éducation actuel, je le soutiens à 100%.

Pour mon travail, je l'ai lu de nombreuses fois et je m'en suis fortement inspirée pour créer des activités scolaires pour des musées.

Comme mère, je l'ai vécu au quotidien (malgré que j'en sois loin depuis deux ans... malgré qu'on pourrait faire des comparatifs entre les deux systèmes scolaires ;-) ).

J'en avais même parlé en mai 2006 sur ce carnet.

Je sais aussi très bien qu'enseigner de nos jours n'est pas facile. C'est même très (et parfois trop) exigeant.

Être parent aujourd'hui est aussi très exigeant. Dans les classes et dans les maisons, les enfants semblent plus exigeants que nous l'avons nous-même été.

Et je suis profondément convaincue que le programme d'éducation a très peu contribué à cette situation. C'est la vie qui a changé, qui a évolué. Il faut donc que l'école évolue aussi. Et surtout, que les enseignants soient soutenus pour faire face à ces changements de société, qu'ils reçoivent les aides dont ils ont cruellement besoin.

Je souhaite que le programme actuel demeure. Je souhaite également qu'on le bonifie pour qu'il s'améliore encore plus, qu'il continue de suivre les mouvements de nos sociétés.

Et je souhaite qu'on ne parle plus de « réforme » puisque nous ne parlons pas de notre société actuelle comme d'une « société réformée ».

Le texte dont je vous parle, m'a été envoyé par courriel et n'a pas été publié de façon officielle, mais il se trouve sur Internet... donc je vous y réfère.

Il me semble ESSENTIEL de le lire.

Pour remettre les pendules à l'heure.

Pour arrêter de créer des peurs, alors que nous devrions être fiers d'avoir fait un si beau pas.

Et pour continuer à faire avancer notre société.

Parce que tout y est dit de façon juste et simple.


Apprendre au musée, la place des technologies

Je vous avais parlé il y a quelques jours du nouveau jouet de Microsoft : Surfaces. Quelques commentaires avaient poursuivi la réflexion.

Aujourd'hui, je lis sur Fresh + New un article sur le projet Thinkering Spaces de l'IIT Institute of Design résumé par« an experiment in exploratory learning ».

On y lit :

« Concurrently, the new digital landscape is radically changing how and where kids learn, play, interact and experience the physical environment. As physical activities are increasingly exchanged for play in the virtual world, the opportunity for learning from the physical world is diminished.

Digital tools are changing how kids socialize and how they experience each other. New modes of interaction enabled by technology, such as multi-tasking, communicating on the fly (anywhere, anytime, remote, synchronous, asynchronous access), and co-located editing and authoring are already pervasive. While these behaviors link this digital generation, their knowledge of digital media and tools often separate them from teachers and other adults who have become accustomed to more traditional technologies. »


Ce projet me semble aller dans le même sens que mon propos de ma note du 4 juin.

Voilà une étude à explorer et à expérimenter parce que ce sera un réel défi d'intéresser les jeunes à nos musées.


Également, cet article de Museum 2.0 très intéressant sur la place de la frustration dans le jeu et, par ricochet, dans les interactifs.


Sortie scolaire : un manifeste britannique

Manifesto_1

Clément nous informe de cette grande initiative du gouvernement britannique : Learning Outside the Classroom Manifesto. En quoi consiste ce programme? Simple : 2.7 millions de livres (4,6 M$) pour soutenir les sorties, visites, voyages scolaires et autres activités extérieures!

Every young person should experience the world beyond the classroom as an essential part of learning and personal development (...). To make this a reality, a Learning Outside the Classroom Manifesto has been launched.

Le manifeste est disponible ici (pdf) et mérite amplement d'être consulté.

Pourquoi? Quelques raisons données par le blog de la Veille Scientifique et Technologique de l'INRP :

- Les analyses montrent en particulier l'influence positive des travaux pratiques extérieurs sur les apprentissages disciplinaires, si tant est que leur inscription dans le travail en classe soit explicite : ils favorisent la rétention des connaissances et renforcent les liens entre les dimensions affective et cognitive de l'apprentissage.

- Les séjours sportifs, quant à eux, améliorent l'autonomie, la confiance en soi, l'efficacité personnelle, les compétences de communication et l'esprit d'équipe, alors que les bénéfices sur les performances physiques sont moins évidents.

- Les rencontres organisées au sein de l'institution scolaire et autres projets éducatifs tournés vers la communauté (parents, professionnels), augmentent la motivation et le sentiment de responsabilité des élèves, tout en renforçant leur sentiment d'appartenance et en influant positivement sur les relations entre pairs, avec les enseignants et avec les membres de la communauté.


Il y a un peu plus d'un an, du temps que j'étais à Québec, j'aurais évidemment dit « génial! ». Aujourd'hui, j'ai beaucoup plus de « vécu » pour confirmer que c'est génial comme mesure éducative et sociale.

Notre expérience ici à Paris me fait réaliser que les jeunes Parisiens (est-ce que cela se confirme dans toute la France? Je ne sais pas.) vivent beaucoup plus la culture que nous. Pourquoi? Deux raisons.

Parce qu'ils ont congé d'école tous les mercredi et que les musées, bibliothèques, centres sportifs, écoles de loisirs et autres lieux d'éducation hors circuit scolaire sont envahis par de petits Parisiens qui ont soif d'apprendre.

Également, les écoles sortent beaucoup plus! En prenant l'autobus, le métro ou tout simplement à pied (jusqu'à 30 minutes de marche), les enfants sortent très régulièrement tant pour des activités sportives que culturelles. Ici, les écoles n'ont pas peur de faire prendre un ou deux métros ou autobus pour mener les enfants où il faut. Pourquoi ne fait-on pas cela chez-nous? Peut être que les écoles montréalaises sortent plus en raison de leur réseau de métro?

Depuis la rentrée scolaire de septembre dernier, mes enfants sont déjà sortis de l'école quatre fois! Sans parler de la piscine une fois par semaine. Démonstration du fonctionnement d'un orgue par un organiste, sortie au cirque, sortie sportive dans un stade, sans parler l'an dernier de la visite d'un village médiéval et autres sorties au musée. Évidemment la période de fin d'année est encore plus intense. En tout, ils vont certainement sortir huit ou neuf fois dans l'année. Je ne dis pas que tout le système scolaire est meilleur (;-) ), mais pour ce qui est des sorties, c'est nettement plus valorisé.

Pour ce que je connais du Québec, il y a certainement un changement d'attitude à orchestrer au niveau de la place de l'apprentissage hors des murs scolaires.