Centre d'exploration en science, technologie et innovation

La Boîte à science vient de publier le plan d'affaire pour le futur Centre d'exploration.


Je suis soufflée! Wow!!!

Je connaissais globalement le projet pour avoir assisté à plusieurs présentations à son sujet. 

J'ai toujours souhaité qu'il se réalise et j'ai toujours eu confiance qu'il se réaliserait.

Je demeure emballée... si ce n'est pas encore plus enthousiaste!

Voici quelques images pour vous donner une idée. Mais je vous recommande chaudement la consultation du plan d'affaire. 

Toutes mes félicitations à l'équipe d'avoir l'audace et la confiance de partager ce document. ... il manque juste une approche web spécifique au projet avec « conversation » avec les publics et les acteurs du milieu (entreprises, labos, etc.), mais je devine que ça viendra. Pas une approche strictement corporative, s.v.p! ;-)

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Et là, j'ai juste hâte d'y aller! 

... et qui sait, peut-être d'y contribuer. (ben quoi! un projet emballant, c'est un projet emballant!) ;-)


Colloque Musées Horizons du XXIe siècle : synthèse et clôture

À la clôture du colloque, Jean Davallon et Raymond Montpetit nous ont nourri de leurs conclusions.

Très intéressantes!


Quelques notes prises très rapidement.

Jean Davallon, Centre d'études et de recherches sur les expositions et les musées, Université d'Avignon

Cinq pôles semblent se dégager des propos tenus durant le colloque.

1. Le musée marchand : soumis aux règles du commerce, du branding, du financement, des partenaires.

2. Rôle citoyen du musée et rôle des citoyens dans le musée

3. Rôle traditionnel du musée : collections, conservation, diffusion. Le musée continue à jouer ces rôles même s'il doit se réinventer, notamment sous l'inspiration du web.

4. Relation du musée avec son environnement : rôle dans la ville, vision de société développée par le musée, son contenu et son contenant sont des moteurs pour la ville.

5. La déontologie prend une place importante dans le développement des musées.


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Raymond Montpetit, professeur département d'histoire de l'art, Université du Québec à Montréal

M. Montpetit a plutôt nommé une série de mots-clés qu'il a noté tout au long des présentations. S'il avait utilisé un ordinateur, on pourrait dire qu'il a taggé le congrès!!!

Je vous les livre tel que je les ai notés, sans les explications dont il les a accompagnés.


- levée de fonds
- partenariat
- mondialisation
- innovation
- déontologie
- patrimoine matériel et immatériel
- loisir
- tourisme
- nouvelles technologies
- participation du visiteur
- expérience
- auto conduite de soi
- le musée prend, ou non, en charge
- segmentation des publics
- investir les réseaux
- agir sans frontières (il y a le local et il y a l'international - on peut agir sur les deux fronts)
- se signaler (web, architecture)
- expérience de foule, mais individualisée (fait partie de l'esprit du lieu)
- branding et sa logique
- réconciliation des visiteurs avec leur patrimoine
- attractabilité

Voilà, vous avez maintenant un portrait global du congrès! J'espère que cela vous sera utile. De mon côté, il est clair que l'exercice de bloguer en direct m'a fait prendre beaucoup plus de notes que j'ai tendance à le faire d'habitude.


Colloque Musées Horizons du XXIe siècle : Développement des publics

Nicole Vallières, directrice Collections, recherche et programme Musée McCord, Montréal

Enfin on parle de Web, et de web 2.0 en particulier!

En vrac, quelques éléments mentionnés par Mme Vallières.

- 20 fois plus de visites en ligne qu'au musée.

(Je l'avais déjà dit, mais ils sont vraiment innovateurs au niveau de la muséologie numérique!)

- Quel est le retour sur l'investissement? Quelques données :

..seulement 30% inscrivent leurs données personnelles

..1600 comptes ouverts

..100 dossiers publics

..510 tags donnés par le public

..351 commentaires, 163 publics

Donc, pas nécessairement une réussite totale en terme d'évaluation « traditionnelle » des rendements. Par contre, beaucoup d'apprentissages, meilleure connaissance de leurs publics et utilisation diversifiée de leurs collections.

Aussi, elle mentionne que seulement 8% des internautes sont des participateurs très actifs et 23% de plus sont des utilisateurs importants (source Pew Internet)

Il y a un groupe McCord sur Flickr et un autre sur YouTube. Ils participent à Flickr commons.

Conclusion? Un musée inspirant. Ce serait chouette s'ils partageaient leurs expérimentations sous forme de blogue comme plusieurs autres musées innovateurs dans le domaine le font. Je sais qu'ils ;-)

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Benoît Légaré, vice-président Centre des sciences de Montréal

- Une présentation générale des étapes ayant mené au renouvellement récent (2007) du Centre des sciences. On constate à quel point le musée a organisé une réflexion de fond sur ses pratiques et ses approches.

À noter, le CSM positionne son développement sur le public des adolescents.

Le tout évidemment très intéressant, mais j'aurais bien aimé que l'on nous présente également la façon dont le CSM entend relever les prochains défis. Une prochaine fois, peut être?

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Patrice Chazottes, chef du service programmation jeune public (une entrevue datant de 2007), Centre Georges-Pompidou, France

Positionne également son développement sur le public des adolescents.

- Constate que ce public, en France, est délaissé dans l'offre culturelle. C'est-à-dire que les jeunes ne semblent pas avoir accès à une offre culturelle diversifiée et stimulante.

- Ils ont installé une équipe de veille sur la question des adolescents.

- Instauré des activités d'alimentation sur le sujet pour les équipes du musée (conférences à chaque trimestre pour les équipes à l'interne).

- Ils ont démarré une grande réflexion et analyse sur ce public : préoccupations, pratiques, souhaits, où se tiennent-ils, etc.

- Les ados ont souligné l'importance de : accueil, coût, horaire, convivialité, interactivité, médiation parle dialogue, sociabilité, intérêt, découverte, information facile

- mode de vie et culture ado : grande mobilité, grande disponibilité (fréquentation), moment d'affirmation de son identité, rôle des nouvelles technologies (tel portable, mp3), forte notion du temps présent (élastique et imprévisible), goût et intérêt pour l'expérience vécue, forte fascination pour l'image, culture éclectique (skaters, emos, fashions, fluokids...)

- Connaître les réseaux et canaux de diffusion des adolescents : social networking ou plates formes d'échages avec pages personnalisable et moyens de comm. instantanée (effet bouche à oreille, prograpagtion de l'info (buzz marketing), presse (spécialisée, actualité, féminine, culture), radio, télévision (chaînes musicales ou spécialisées), médias scolaires (journaux et radios scolaires)

- Ils doivent effectuer une analyse très pointue de où ils se trouvent et se rencontrent, notamment le week-end (commerces, trocadéro, événements, underage parties, rôle du street-marketing, etc.).

- On un projet de mise en réseau d'ambassadeurs, de correspondants du Centre Pompidou. Création de tels réseaux s'appuyant sur leurs modes de vie.


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Yvan Mathevet, responsable service des publics Musée des Confluences Lyon France (et modérateur), lors de sa récapitulation

- Souligne l'importance des scolaires. Mais souhaiterait qu'il se fasse une réflexion sur la fréquentation des jeunes hors temps scolaire.



Colloque Musées Horizons du XXIe siècle : conférence introductive

Daniel Jalla, directeur des services culturels, ville de Turin et président ICOM Italie

- Est-ce que le musée EST le patrimoine? Le patrimoine n'est-il pas à l'extérieur du musée? (en particulier en italie)

- Le musée n'est que son public. Les citoyens, les écoles, les associations. Ils sont son moteur.


J'ajouterais personnellement que cette vision de la muséologie et du rôle crucial des publics se met en place de façon plus pointue et stimulante avec les expérimentations réalisée en muséologie 2.0.



Colloque Musées Horizons du XXIe siècle

Aujourd'hui, colloque Musées Horizons du XXIe siècle dans le cadre des Entretiens Jacques-Cartier.

Je bloguerai la journée. Vous pouvez donc réactualiser cette page pour suivre les discussions.

Allocution d'ouverture de Michel Côté

- Il y a actuellement une certaine effervescence muséale au Québec avec des projets d'agrandissements;

- Nécessité de développer une vision régionale de la culture et du patrimoine (exemple, régions françaises tel Isère);

- Nécessité de développer le patrimoine scientifique;


Le financement des musées

Robert Spickler, haut fonctionnaire culturel, Québec

Présentation magnifiquement poétique et imagée... analogie entre portrait du financement au Québec et cinq salles d'expo (musée et... état/philanthropie/gestion/partenaires/en questions).

- Philanthropie muséale en plein développement au Québec.

- Programme du Québec nommé Placement culture.

- Intérêt de créer une table permanente de réflexion sur les musées du Québec, comme les autres domaines de la culture.


Belle allocution, mais qui ne mène pas vraiment à des prises d'actions concrètes, ni même une présentation de la position du gouvernement.


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Louise Giroux, directrice générale Philanthropia France

- Les enjeux du mécénat dans le contexte de la crise financière mondiale actuelle. Effets directs. Notamment, on attend beaucoup de la philanthropie d'entreprises, or, elle sera probablement réduite. Aussi, lors de fusions de grandes entreprises, le budget philanthropique ne cumule pas nécessairement les deux budgets initiaux.

- Les futures donations se situeront principalement au niveau des individus. Notamment parce qu'il y a des mesures fiscales très intéressantes pour eux.

- Ne pas hésiter à faire de grandes campagnes de financement, puisque c'est l'occasion de récolter des fonds, mais également et surtout, de lancer de grandes campagnes de communication.

- Les musées songent maintenant à se percevoir comme des marques (branding) et cela peut leur être fructueux si c'est bien réalisé. Cela fait évidemment référence au Louvre-Abu Dhabi.


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Louis Vallée, sous-ministre adjoint aux politiques, au patrimoine, à la muséologie et aux communications, gouvernement du Québec

- Publication d'un cahier sur l'état du patrimoine muséal (annoncé hier) : État des lieux du patrimoine des institutions muséales et des archives

- Mentionne lui aussi l'existence dehref="http://www.calq.gouv.qc.ca/placementsculture/partenaires.htm">Placement culture.

- Importance de consolider le réseau dans les régions. Développement des CREM, cellules régionales d'expertise en muséologie. La Montégérie en a une (son regroupement muséalMontmusée et leur communiqué de presse sur la CREM (pdf)), la Mauricie (Mediat-Muse, l'Abitibi-Témiscamingue et prochainement le Saguenay-Lac St-Jean.


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Jean-Michel Tobelem, directeur cabinet conseil Option Culture, France.

- Cite Jacques Rigaud : Le mécénat est, et restera marginal. Un désengagement de l'État pénaliserait le mécénat.


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Période de questions/commentaires

- Michel Perron, société des musées québécois : il y aura des états généraux muséaux à l'automne 2009.



Loisir

En cette période de Congrès mondial du loisir qui se tient à Québec, à l'occasion des fêtes du 400e anniversaire de Québec, j'en profite pour vous mentionner un bijou d'exposition réalisée par le Musée de la civilisation : Temps libre.

Le sujet est léger. La page de l'expo sur le site du musée est simplette (celle-ci et celle-là). Mais l'exposition est un bijou.

D'entrée de jeu, elle est un hymne à la poésie visuelle et des mots. En plus, le sujet est traité avec sérieux, mais légèreté. Les textes sont superbes et la mise en espace/design une oeuvre d'art en soi.

J'avais pris quelques photos avec mon cellulaire, mais elles viendront plus tard lorsque je réussirai à les importer dans mon ordi. Ou que j'y retournerai avec mon appareil photo. ;-)



Recherche et évaluation

Pour les amateurs de recherche et d'évaluation, je viens de découvrir les travaux de Lynda Kelly du Australian Museum. Wow!

Elle est la fondactrice de Museum 3.0 (sa page) et Chef du service recherche et évaluation du Australian Museum.

On peut la suivre :

- via les blogs où elle publie Social Media and Cultural Communication et Audience Research;

- via ses travaux Australian Museum Audience Research Center;

- via ses présentations sur Slideshare.


Amener les enfants au musée

Cette note d'une sortie au musée avec trois enfants me fait réfléchir : Can science exhibitions help children become eco-aware?

Ayant trois enfants moi aussi et faisant régulièrement des sorties au musée avec eux (sorties mi-loisir-mi-travail ;-) ) j'ai parfois observé cette situation où ce qui est retenu par mes enfants n'est pas le contenu principal du concept développé par les créateurs. À tout coup, j'apprends énormément comme muséologue.

Parlant de sorties au musée avec les enfants, voici trois d'entre elles qui méritent d'être citées :


- Il y a quelques mois, lors d'une journée de grève d'enseignants (tiens, moi aussi!), j'avais amené les enfants au Musée Guimet. Ils y sont allés en ronchonnant. « Ça va être nul! » « On va s'ennuyer!» J'ai persévéré sachant que le musée mettait à notre disposition un mini-guide (voir dans le bas de la page - nous avions fait Le fabuleux bestiaire) pour naviguer à travers les collections. Et que j'aurais à mettre l'emphase sur l'animation.

Et bien ils ont ADORÉ! Nous y sommes restés certainement trois heures et à la fin, ils ne voulaient pas partir.

Aucune technologie. Aucun panneau d'explication. Juste des objets et un parcours (... et une dynamique maman muséologue, me direz-vous!).

Comme parent, j'adore quand un musée me propose des livrets de ce type. Encore plus s'ils sont disponibles sur le web et que je peux préparer la visite.

- Durant les vacances de printemps, nous avons parcouru le Canal du midi en pénichette. Notre parcours se terminait à Toulouse. Je n'avais que quelques heures avant le retour sur Paris, mais je tenais à visiter le Museum de Toulouse qui réalise un blog et dont une collègue m'avait parlé. En plein après-midi ensoleillé (mauvais départ, j'en conviens), je lance aux enfants : « Qui vient avec moi au musée? ». Les deux plus grands : « Nous on se promène dans la ville avec papa! ». La plus petite (6 ans) : «Au musée... UM? (en insistant sur le son um, comme pour vérifier qu'elle a bien compris la spécificité) ». Je réponds que oui et elle décide « Moi je viens avec toi. J'aime bien les museums. »

Et nous voilà parties au Museum de Toulouse.

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Une heure pour le visiter, ce n'est pas beaucoup. En fait, c'est insuffisant pour lire quoi que ce soit. Mais j'ai tout de même pu observer qu'il y a une nette volonté de thématiser l'exposition et les spécimens présentés. L'approche est beaucoup plus large que leur description spécifique. Nous avons adoré notre sortie.

Par contre, comme me le mentionnait ma collègue Claire Simonet par courriel, l'ambiance est résolument sombre. On a réellement du mal à lire les textes et cela ne semble pas plaire aux visiteurs. Pour ma part, j'aime bien la sensation « univers propre » que cela engendre.

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Petite réflexion de design-graphique : je constate une grande différence entre l'ambiance du site web (hyper coloré et joyeux) et la visite réelle (plutôt sombre et couleurs naturelles). Ce contraste me semble particulièrement intense et irréconciliable. Est-ce un problème? Je ne sais pas. J'y réfléchis.


- Dernière sortie muséale avec les enfants que je vous raconte aujourd'hui, l'expérimentation du guide multimédia du Musée du Louvre. Version parcours enfants évidemment. J'avais entendu des récriminations sur le prix : 6 euros par adulte et 2 euros par enfant. En toute honnêteté, je n'ai jamais aussi bien investi 12 euros dans une visite de musée.


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Le parcours enfant s'effectue au travers de la collection égyptienne. Un choix judicieux en raison de l'intérêt soutenu des enfants pour l'Égypte antique. Et ils ont ADORÉ alors que la précédente visite dans les mêmes salles les avaient royalement ennuyés.

Le multimédia permet de guider nos pas (tournez à droite, allez plu loin, etc. avec image et tracé à l'appui), d'écouter des explications très simples et complètes sur les différents sujets/objets présentés (il n'était pas question d'en sauter ou d'accélérer la visite), ainsi que de faire quelques jeux (les enfants ont beaucoup aimé malgré la simplicité des jeux). Le tout dans un outil très simple d'utilisation.

Ce type de visite est absolument gagnant pour les enfants. Et nous avons juste hâte que le Louvre sorte de nouveaux parcours!

Parlant du guide, la semaine suivante je suis allée visiter Babylone. Seule. J'ai évidemment pris le même guide multimédia, mais adapté au public adulte. Cette fois-ci, pas d'images, mais une narration très agréable et instructive (sans être encyclopédique comme j'ai précédemment expérimenté au Louvre). Sans le guide multimédia, je suis convaincue que l'exposition ne m'aurait pas autant intéressée : aspect confirmé auprès d'amis ayant également visité l'expo, mais sans le guide. Cette exposition est présentée jusqu'au 2 juin.


Ma « check-list »

Lorsque je produis une exposition, j'ai toujours en tête une série d'élément à suivre et à ne pas oublier par exemple m'assurer d'offrir plusieurs niveaux de lecture, diversifier les types de communication, etc. Cette liste a toujours été informelle. Je me suis toujours dit que la « porter en moi était suffisant », que je n'avais pas besoin de la noter. Évidemment, dans le brouhaha des derniers instants, la liste prenait le bord du deuxième plan.

À la lecture de l'excellent Civilizing the Museum de Elaine Heumann Gurian, j'ai poursuivi cette liste d'éléments à suivre lors de la conception d'expositions. La voici. Elle est évidemment toujours en construction et votre contribution serait la bienvenue. Il va de soi que l'énumération que je fais ci-bas n'est pas en ordre de priorité, mais bien selon l'ordre dans lequel je l'ai notée dans le troisième de couverture du livre!

Alors, lorsque je produis une exposition, un scénario éducatif, un jeu muséal multimédia ou tout autre projet, je dois m'assurer d'y retrouver :

- Jeu : une exposition doit être amusante! On ne doit pas forcément y jouer à des jeu ou des interactifs/manipulations sur un mode enfantin. Le jeu peut être vu dans un sens plus large, celui de la quête, de l'imagination, etc. Nina Simon de Museum 2.0 est d'ailleurs une experte inspirante à ce niveau-là.

- Humour :

- Impartial

- Famille et enfants : adapter le lieu pour ces clientèles

- Local vs visiteurs (nationaux et internationaux)

- Les cinq sens : dans le développement du thème et dans les moyens mis en place physiquement.

- L'actualité

- L'idée d'être « web 2.0 » : entre le musée et ses visiteurs, viser le donnant-donnant (et pas seulement dans une approche technologique)

- La thématique et la région : est-ce que la thématique a des points d'ancrage dans la région (activité économique, culturelle ou autre). Si oui, trouver moyen d'en parler et de la mettre en valeur.

- Responsabilité sociale (une idée de Heumann Gurian)

- Identité : locale, nationale et internationale

- Types de personnalité (Gardner)

- Meilleur médium pour ce sujet? « Use the more effective strategy! »

- Niveaux ce communication : s'assurer que « Each person is rewarded »

- Révision de l'exposition par des pairs


L'infantilisation des musées?

Il y a près d'un mois, j'avais mis en réserve dans mon agrégateur un article publié sur le blogue de la section « Education and Community Programs » du Walker Art Center : Museums Swamped - by kids!!. Ce matin, j'ai enfin pris le temps de le lire.

Cette note réfère en fait à un article publié par Nicholas Blincoe sur le Guardian Unlimited Arts Blog. L'auteur de cet article, dans la quarantaine, partage son inconfort (et son indignation!) par ce qu'il appelle l'infantilisation des musées :


« Theatres, galleries and museums are so child-orientated. »

« Our galleries and museums have been turned into playgrounds, with activity sheets and treasure trails, interactive video games and coloured signs. »

Hum... Bon... En fait... Ok, on prends ça par quel bord en premier?

Il est vrai que les musées développent de plus en plus de productions « accessible aux enfants ». Pourquoi? Je ne suis pas chercheure en psychologie-sociologie-anthropologie et autres sciences du comportement humain, alors soyez indulgents avec mon interprétation... et complétez/corrigez-là si vous pensez à autre chose. ;-)

- est-ce qu'il se pourrait que l'arrivée plus importante des femmes dans les musées (et à des postes de plus en plus décisionnels) contribue à cette approche?

- est-ce qu'il se pourrait que la valeur « famille » soit de plus en plus prônée par les sociétés et que celle-ci doivent s'agencer avec l'attitude « société de loisirs »?

- est-ce qu'il se pourrait que l'évolution vers l'entrepreneurialité des musées soit rendue à une étape de « spécialisation » de ses clientèles et donc des ses productions?

- est-ce qu'il ne souhaite pas justement fidéliser des clientèles dès leur plus jeune âge? Dans l'espoir d'assurer sa pérennité (considérant les baisses récurrentes dans le financement étatique). Il est prouvé qu'un enfant qui raconte à ses parents sa sortie au musée de façon enthousiaste (avec l'école par exemple) est le meilleur évangélisateur ou publicitaire qui soit.


Mais ces raisonnements ne s'appliquent pas uniquement aux enfants! Ils peuvent également s'appliquer au développement de démarches spécifiques pour d'autres clientèles, notamment ces nombreux jeunes-retraités en quête d'activités stimulantes pour occuper leurs journées... et compenser la perte de la stimulation intellectuelle du boulot. Les conférences, visites thématiques, rencontre avec les conservateurs et autres productions « plus adultes » leur sont spécifiquement destinés. Je crois que les musées devront de plus en plus varier leur offre pour ces « rencontres humaines » (si je peux m'exprimer ainsi) qui sont animés par les personnels du musée (guides, animateurs, conférenciers, etc.). Une certaine forme d'individualisation de la visite du musée : sur la base de cette exposition, qu'est-ce qui pourrait m'intéresser MOI (comme type de personne - intellectuel, manuel, groupe d'âge, touriste, etc.). De là l'importance de miser sur la diversification des visites guidées (ce que je nommais malhabilement « rencontres humaines »). De là également l'idée de proposer des bidules virtuels qui permettent justement de développer des approches individualisées d'une exposition (regard artistique, regard scientifique, regard jeu, etc.), et qui permettent tout de même une visite autonome.

Parce que les besoins des publics sont multiples, tel que le mentionne M. Blincoe :


« Instead, I have become an expert on unmodernised museums: the museums that look like museums. I like them Victorian, cranky and encyclopedic. When I read a label attached to an exhibit, I want to have to read it twice over. »


... au fait, ça ressemble plutôt à l'idée que je développais récemment au sujet de deux issues possibles de l'utilisation des technologies dans les musées. ;-)


Photo-étude internationale sur l'alimentation.

Tout un titre, n'est-ce pas? Nous sommes vendredi et j'ai le goût de vous partager une découverte « pas muséale », mais qui me semble très importante.

Alors voilà.

Mon amie Anouk Malboeuf, géographe et qui a travaillé au Centre des sciences de Montréal, habite depuis trois mois au Sénégal afin de réaliser un projet de coopération internationale pour le CECI. Elle m'a fait découvrir une présentation photographique du TIMES magazine (série 2 et série 3). GÉNIAL!

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Les photographies ont été prises par Peter Menzel et publiées dans son livre Hungry Planet.


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À prime abord, je me suis dit « Bah! Je sais déjà ce que ça va dire. Nous les occidentaux on mange plus, trop, mal, chimique, etc. ». Mais bon, si Anouk dit que c'est bien à regarder, je suis son conseil. Et je plonge.

Premières images. Ah bon! Il n'y a pas juste les « américains » qui mangent beaucoup et pas si bien que ça! Mais ça, je le savais déjà. Ça a été une des surprises que j'ai vécu en arrivant en France.

Évidemment, l'image de la famille de réfugiés est saisissante par le peu de nourriture consommée, surtout lorsque l'on compare avec les précédentes et les suivantes. Mais au-delà de ce dur constat, je suis charmée par l'attitude de la mère. Fière, digne, protectrice, douce, maternelle. Cette image-là, je l'aime.

Et je continue...

Beaucoup de légumes... pas de légumes... du poisson... pas de viande... beaucoup de viande...

Et là, le choc. Mais il y a du plastique partout! Tout ce plastique qui emballe ces aliments transformés, c'est incroyable! Et tout cela ira en majorité à la poubelle? Sans recyclage? Et ça recommence à chaque semaine? Pour chaque famille? Dans chaque ville, dans chaque pays? Nous faisons ça à notre planète? Mais ça va pas la tête?

Et moi? Et bien, quoi que déjà très attentive à nos comportements écologiques familiaux, je me dis qu'en réalité, je n'en fais pas assez. Tiens, pourquoi je n'essaierais pas de noter exactement tout ce que nous consommons en une semaine? Je n'en ferais pas nécessairement une photo ( ;-) ), mais l'exercice me semble intéressant.

Et en même temps, je suis bien consciente qu'il n'est pas possible de totalement éliminer les matériaux d'emballage de notre vie. Tube dentifrice, paquet de beurre, emballage des rouleaux de papier de toilette, bouteille de sauce soya, bouteilles de lait. Je ne peux pas me passer de tout et ne consommer que des aliments « non-préparés ». Et il ne m'est pas envisageable de revenir à l'époque où l'on partait avec sa « canisse de métal » pour la remplir de lait.

Pourtant, il faudra faire encore plus d'efforts. Pas pour manger moins que ce que nous avons besoin pour être en santé. Parce que c'est aussi le progrès des matériaux et des produits de conservation qui ont contribuer à améliorer et prolonger la vie. Mais bon, il faudra faire plus d'efforts pour manger local, donc moins transformé et peut être moins emballé. Choisir des matériaux d'emballage moins polluants et recyclables.

Enfin, j'arrête ici. Je ne veux pas vous faire la morale ni vous indiquer un (droit?) chemin. Chacun doit l'identifier son chemin.

Et finalement, quand je disais que ce n'était pas un sujet muséal, je me trompais. Il y a une superbe exposition à développer à partir de ces photographies. Les thématiques sont nombreuses! Variations, selon l'endroit, sur les aliments consommés, évidemment. Investissement financier consacré à l'alimentation, empreinte écologique des produits, aspects sociaux, aspects historiques... et je pourrais continuer ainsi.

(... j'apprécierais ne pas être accusée de tout ramener aux musées.) ;-)


Mon aide-mémoire de création muséale

Lorsque je conçois une exposition, j'ai toujours en tête une série d'éléments à tenir en compte, par exemple m'assurer d'offrir plusieurs niveaux de lecture, diversifier les types de communication, etc. Cette liste a toujours été informelle : je me disais que la « porter en moi » était suffisant, que je n'avais pas besoin de la noter. Évidemment, dans le brouhaha des derniers instants, la liste passait souvent par-dessus bord.

Il y a plusieurs mois, à la lecture de l'excellent Civilizing the Museum de Elaine Heumann Gurian, j'ai bonifié cette liste d'éléments à suivre lors de la conception d'expositions et autres projets muséaux. La voici. Elle est évidemment toujours en construction et votre contribution serait la bienvenue. Il va de soi que l'énumération que je fais ci-bas n'est pas en ordre de priorité... mais plutôt selon l'ordre dans lequel je l'ai notée dans le troisième de couverture du livre!

Alors, lorsque je produis une exposition, un scénario éducatif, un jeu muséal multimédia ou tout autre projet, je souhaite y retrouver :

- Jeu

- Humour

- Impartial

- Famille et enfants

- Visiteurs locaux vs extérieurs (nationaux et internationaux)

- Les cinq sens

- L'actualité

- Comment le public peut-il bonifier en cours de visite?

- Le public peut-il rapporter quelque chose (réel ou virtuel)?

- Liens entre thématique et la région?

- Responsabilité sociale

- Identité... locale, nationale et internationale

- Types de personnalité (Gardner)

- Meilleure approche pour aborder ce sujet?

- Niveaux ce communication : s'assurer que chaque personne se sent concernée ou y trouve son compte

- Révision de toute l'exposition par des pairs

- Ergonomie et confort

- Accueil


À vous!


Les adolescents au musée

J'ai souvent eu pour mandat de créer des activités éducatives pour des adolescents. Ce n'est pas facile et j'espère pouvoir m'améliorer à ce niveau-là.

J'aurai maintenant une référence très intéressante : le Teen Walker Art Center de Minneapolis! Ils l'ont vraiment l'affaire!

Ne ratez surtout pas le Teen programs "How to" kit!


p.s. je n'ai absolument pas le temps de bloguer ces temps-ci, alors une petite note short and sweet comme on dit par chez-nous. ;-)

p.s.s. je n'ai pas oublié les notes promises sur les musées de Bruxelles et de Berlin. Elles viendront probablement durant le temps des fêtes.


Colloque de Liège

Comme je vous l'avais mentionné ici, mon automne intensif a commencé.

Le colloque à Liège s'est très bien passé. J'y ai rencontré des collègues du Québec et fait la rencontre de plusieurs « acteurs » de la muséologie française et belge. De belles rencontres et des conférences très instructives. J'y reviendrai plus en détail dans les prochains jours.

Ensuite, j'ai été rejointe à Bruxelles par mon amie Nadine Davignon qui est elle aussi muséologue et qui travaille actuellement au Musée de la civilisation à Québec. En deux jours, nous avons visité six musées/expositions et parcouru une partie d'un événement d'art contemporain distribué dans la ville.

- Le Musée de la ville (Maison du roi);
- L'exposition « De la ville et ses plaisantes campagnes » que l'on retrouvait dans l'hôtel de ville;
- Le Musée du cacao et du chocolat;
- Le Centre belge de la bande dessinée;
- Technopolis;
- Le Musée des instruments de musique;
- L'événement Agorafolly

Sans parler de bon nombre de détours que nous avons fait entre ces endroits!

Plus la Cité de l'architecture et du patrimoine à Paris à notre retour.

Je vous reparlerai plus en détail dans les prochains jours de cette semaine belge que j'ai vécue. Compte-rendu de congrès et analyses de visites de musées avec photos dans plusieurs cas. Mais cela devra probablement attendre au retour de mon escapade muséale de ce week-end à Berlin.

Je vous avais dit que j'avais pas mal bouclé mon automne! Sans parler des nombreux appels d'offre auxquels j'ai répondu dans les deux dernières semaines. Qui ne donneront sûrement pas tous des résultats positifs évidemment. Heureusement, je sais que, de ce point de vue, vous me comprenez. ;-)

Je vous laisse sur un clin d'oeil dont probablement seule Nadine rigolera, mais que vous comprendrez aisément (vous pouvez même tenter de faire un effort pour rire un peu... à défaut, un petit sourire en coin? ;-) ) : lors de nos nombreux détours, nous sommes souvent revenues sur nos pas et généralement, nous passions devant cette sculpture de femme-chat en vélo. Au point où nous en sommes venues à imaginer que le centre de Bruxelles s'y trouvait... La Grand Place, c'est le « centre » pour les touristes. La femme-chat en vélo, c'est le « centre » pour les muséologues!


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Et si vous avez des suggestions de visites muséales à faire à Berlin, je suis preneure! Quels sont les musées à ne pas rater? Quels sont les musées de Berlin avec une approche muséale originale, innovatrice, différente?


Expositions immersives et interactives

J'avais entendu parler de quelques expositions immersives et interactives que l'on retrouve aux États-Unis, notamment via le blog de Nina Simons Museum 2.0 qui a contribué à leur réalisation.

Ce matin, via MuseumLab, je découvre un article sur le sujet : At some museums, you'r now exhibit A

Vous savez s'il existe des musées ou expositions du genre ici en Europe? Est-ce une particularité nord-américaine?


L'intimidation lors de la sortie scolaire au musée

François Guité , enseignant et blogueur, attire notre attention sur une série d'articles concernant l'intimidation et la cyber-intimidation qui sont inquiétantes : selon une étude de la Pew Internet, un tiers des jeunes seraient victimes de cyberintimidation et craindraient encore plus l'intimidation « réelle ».


La situation en milieu scolaire est suivie de très près et plusieurs stratégies se mettent en place afin de contrôler l'épidémie. Les textes de François Guitéregorge d'informations à ce sujet.

Ma question. Lors des visites scolaires au musée, quand le professeur confie (abandonne parfois!) sa classe aux animateurs, est-ce que vous observez ce phénomène? Et la question corollaire. Est-ce que ce phénomène est documenté en milieu muséal?

Je sais que faire des animations de nos jours peut être très exigeant (du point de vue de la discipline... je ne parle pas de l'intérêt manifesté, qui est un tout autre sujet! ;-) ). Particulièrement avec les adolescents. Cette intimidation peut se produire entre jeunes, mais également être dirigée vers l'animateur. Il en va alors de la responsabilité du musée de protéger et donc d'outiller ses employés.

À défaut d'études à proprement parler muséales, je vous recommande de fouiller le blogue de François Guité sur le sujet. Vous y trouverez une foule de liens pertinents pour tenter de contrôler l'intimidation des jeunes.


S'inspirer du centre commercial

Hier soir, nous avons discuté à quatre de l'idée de centre commercial et de musée. Comment s'inspirer du premier pour bonifier le second?

Et j'ai alors eu l'idée suivante : pourquoi ne pas créer (ou transformer) un bâtiment dans lequel on retrouverait plusieurs musées? Cela nous permettrait de retrouver l'idée de « vitrines qui attirent le visiteur » propre aux centre commerciaux tout en donnant l'occasion aux divers musées de partager certains coûts.

Je dis plusieurs musées, mais c'est surtout l'idée de plusieurs expositions de types différents qui me semble intéressante. Par exemple, fabulons totalement!, imaginons la transformation du bâtiment d'un musée scientifique où l'on retrouverait évidemment des expositions scientifiques, mais également d'autres sur l'histoire ou encore sur l'art.

Il me semble que les visiteurs seraient particulièrement intéressés à retrouver en un seul lieu plusieurs sujets et approches muséales.

Qu'en pensez-vous?


La gratuité du musée

L'Angleterre est reconnue pour la gratuité de ses musées. L'idée semble faire l'objet d'un débat dont le journal The Independant aborde dans cet article Why museums must stay free (via MuseumLab).

Voilà de quoi alimenter l'éternelle confrontation entre partisans du gratuit et du payant en sachant que l'instauration de la gratuité a augmenté la fréquentation à l'échelle nationale de 30 millions de visiteurs!

Un autre article très intéressant au sujet de la gratuité au musée sur Museum2.0. On y mentionnne le livre Civilizing the Museum de Elaine Heumann Gurian dont j'ai entendu parler (où? je ne sais plus... trop d'information à gérer!) et que je commande à l'instant.


La douleur en exposition

Museum Lab nous mentionne l'exposition Pain du musée d'art contemporain Hamburger Bahnhof de Berlin (présentée du 5 avril au 5 août 2007).

On ne peut pas dire que le sujet soit attirant en soi. Mais comme muséologue, je suis très curieuse de savoir comment ce sujet peut bien être traité!

Quelques liens qui parlent de l'exposition :

- CultureTV Museum Blog;

- Deutsche Welle;

- Artnews Info

- European College of Liberal Arts


Visiblement, il n'y a pas de limites à la muséologie.


Web et muséologie au Tate

Howwearenow


Via reciproque.net, je découvre l'exposition How We Are: Photographing Britain à la Tate Britain (le musée rassemble quatre composantes distribuées dans le pays).

Le projet est le suivant : présenter une rétrospective de la photographie en Grande-Bretagne, mais également la photographie contemporaine. Et quand on dit contemporaine, on parle de réellement contemporaine! Les visiteurs sont même invités à ajouter leur photographies de leur Grande-Bretagne d'aujourd'hui via le groupe How We Are Now sur Flickr! (on voit une photographie des écrans présentant les contributions du public chez site de reciproque.net">reciproque.net)

Décidément la Tate s'engage à fond dans l'expériementation de la muséologie web et technologique. Je vous invite à découvrir leur section TateShots, la section Tate Kids et je vous avais déjà parlé de la section Young Tate.



Émission The Museum - British Museum

Le British Museum a collaboré avec la BBC2 (leur site n'est pas accessible aux ordinateurs à l'extérieur du Royaume-Uni!!!) afin de produire une série sur les dessous du musée : THE MUSEUM.

Il semblerait que les critiques sont bonnes et j'aurais bien aimé visionner l'émission. Elle n'est évidemment pas disponible en-ligne. MuseumLab nous en fait d'ailleurs une magnifique « montée de lait ». ;-)

... faudra attendre le DVD, la rediffusion ou, qui sait!, une diffusion en-ligne!


De l'importance du créateur d'exposition

Museum 2.0 réfléchit sur l'importance du créateur d'exposition dans Who Created the Exhibitions that Changed your Life?. Très intéressant.

Qu'est-ce qui fait qu'une exposition marque le visiteur ou pas? Semblerait que le créateur y est pour beaucoup. Ça ne me surprend pas évidemment.

J'aime beaucoup considérer mon métier comme celui d'un créateur tout comme les artistes en art visuel, les metteurs en scène, les écrivains et autres scénographes. Récemment, lors d'une rencontre dans un « dîner », je tentais d'expliquer mon travail à un anglophone qui n'était pas familier avec l'univers professionnel des musées. Il a résumé que j'étais une « museum scenographer » à l'image des metteurs en scène ou scénographes de théâtre. J'ai bien aimé. ;-)


Muséologies - Les cahiers d'études supérieures

Revuemuseologies

Le 26 avril, j'ai reçu l'Info-Courriel de la Société des musées québécois. J'y remarque l'existence d'une nouvelle publication : Muséologies - Les cahiers d'études supérieures. J'ai immédiatement mis cette information de côté pour la bloguer.

Le lendemain, je reçois un courriel de Louise Champoux-Paillé, trésorière de la revue et étudiante à la maîtrise (Wow! des femmes de même, amenez-en! ;-) ), qui me présente la publication. Elle me propose de m'envoyer une copie de la seconde parution afin de l'évaluer et de pouvoir la commenter sur mon blogue. J'accepte avec grand plaisir.

J'ai reçu l'envoi hier . Depuis, je découvre cette publication avec grand plaisir. On y retrouve un juste équilibre entre réflexions plutôt académiques et expériences de professionnels du milieu. Pour ma part, cela m'alimente énormément. J'aime beaucoup garder un pied dans la théorie et l'analyse universitaire, mais je ne peux y consacrer mon temps « actif » puisque j'ai fait le choix d'aller du côté de la pratique. Ainsi, les entrevues de professionels que l'on y retrouve me parlent énormément et sont, à mon sens, tout aussi riches d'apprentissages et d'inspiration. Un juste équilibre que je vous disais.

Les textes de Muséologies ne sont pas disponibles en-ligne, mais voici le résumé du numéro 2 (pdf). Pourtant, cela aurait pu contribuer à donner une idée du contenu et donc à promouvoir la revue. Pour ma part, je m'abonne à l'instant.

Vous pouvez par ailleurs explorer le blogue de la revue ou encore le blogue des étudiants à la maîtrise en muséologie de l'Université de Montréal/UQÀM.


De l'aquarium de Québec...

Sophie nous fait part de cet excellent commentaire sur l'aquarium de Québec.

Je suis entièrement d'accord avec toi. Je ressens exactement la même chose quand je vais dans la plupart des aquariums et jardins zoologiques. Et pas uniquement au Québec!

En tant que muséologue, j'ai toujours le sentiment que ces institutions ne se considèrent pas comme des musées où l'on doit diffuser de l'information, mais qu'ils se perçoivent plutôt comme des lieux de divertissement, d'émerveillement. Ce qui est déjà très apprécié évidemment. Pourtant, il y a moyen de faire beaucoup plus! Même sans faire d'expositions à grands coûts.

L'approche « feuille de papier collée dans la vitre » n'est certainement pas la plus noble, mais elle a l'avantage d'être la plus simple à produire et la moins coûteuse. Il y a quand même moyen de la rendre plus « muséale ». Pourquoi ne pas installer sur chaque vitrine ou près de chaque enclos un support (plexi ou à la limite un pochette transparente?) dans laquelle on glisse la dite feuille. Et cette feuille, rien n'empêche de créer un graphisme standard qui sera repris pour toutes les feuilles! Chaque bassin ou enclos devrait avoir une feuille « d'actualité » ou « Le saviez-vous? » dont l'information serait changée à tous les mois ou de façon plus rapprochée si l'actualité en question changeait.

Pourquoi faire cela? Parce que lorsque l'on regarde un bassin, on ne sait pas trop quoi regarder. Exactement comme lorsque j'étais au Musée Carnavalet et que les centaines de toiles pouvaient me livrer de l'information sur l'histoire de Paris, mais que je n'avais pas ce qu'il fallait pour l'extraire. En tant que muséologue, je souhaite que le visiteur « admire » la bête (évidemment!), mais surtout qu'il apprenne sur elle. Quelles sont ses caractéristiques particulières, quel comportement peut être observé au moment actuel? L'objectif ultime est d'admirer la nature (faune et flore) tant par sa beauté que par sa complexité si finement réussie.

Une information de base est déjà donnée pour chaque bassin ou enclos (zoo). C'est excellent. Mais si on veut fidéliser la clientèle, il faut résolument offrir de la nouvelle information.

Merci beaucoup Sophie pour ton commentaire. C'est exactement le type de commentaire qui nous aide à avancer en tant que créateur muséal.


Musée Carnavalet

Je suis allée visiter le Musée Carnavalet portant sur l'histoire de la ville de Paris. Situé en plein Marais, tout près de la Place des Vosges. On est en plein coeur de la ville et de son histoire. L'entrée au musée est gratuite. Nous sommes en avril, la saison touristique a donc commencé : le musée était bondé de monde.

Le Musée Carnavalet est situé dans un ancien hôtel particulier, ce qui veut dire, pour simplifier, un résidence pour gens aisés.

J'amorce donc la visite dans une magnifique salle avec un immense foyer en pierre (ayant été déménagé d'une résidence en province par son propriétaire!). Sur les murs, des tableaux témoignant de la vie à Paris de l'époque. Dans la salle, des objets d'époque qui recréent, d'une certaine façon, un intérieur habité. Pas de panneaux d'introduction ou de mise en contexte. Par contre, chaque objet ou tableau est accompagné d'une vignette qui contient un paragraphe résumant l'objet ou le sujet du tableau. Ces vignettes seront le seul support informatif durant toute la visite. Je suis découragée. Comment puis-je comprendre l'histoire de la ville en regardant des tableaux (de l'époque où la peinture était la façon de raconter la vie) gorgés de détails, mais que je ne peux interpréter?

Je retourne donc à l'accueil demander un audioguide ou une visite guidée. Que neni. Pas d'audioguide. Pour les visites guidées, il y en a une prévue le lendemain et une autre le sur-lendemain. Nous sommes jeudi vers 11h30. Zut! Je vais pas passer trois heures à circuler devant des tableaux muets parce que je n'ai pas les clés qu'il faut pour les interpréter! Eh oui, il faudra.

Je repars donc. Plutôt découragée. Décidée à lire toutes les vignettes. ... il y en a pas mal des tableaux et une vignette ne peut pas révéler le quart du dizième des informations qu'un tableau peut révéler.

Plus loin, je tombe sur un groupe guidé par une conférencière (c'est comme ça qu'ils appellent leurs guides ici). Ni une ni deux, je me fais discrète et me range derrière le groupe. Je me doute bien que ce groupe à payé pour réserver cette visite, mais bon, entre ne rien apprendre et me sentir un peu mal, la question ne se pose pas.

Et là, c'est toute la différence du monde! Cette guide est une perle d'informations. Elle connaît les détails des tableaux et nous révèle la vie à chaque époque, les us et coutumes parisiennes de l'époque des rois et des reines (comme disent les enfants!). Je suis enchantée. Ce que j'ai bien fait de m'annexer au groupe! J'ai donc suivi le groupe durant la demi heure qu'il leur restait. J'en ai appris plus durant cette demi-heure là que durant les trois autres heures que j'ai circulé dans le musée!

Le musée Carnavalet est un musée public géré par la ville de Paris. Donc, probablement sans beaucoup de budget. Comme il est gratuit, je peux très bien comprendre qu'ils n'aient pas les budgets pour offrir des visites guidées à toutes les heures. Pourtant, cela est absolument essentiel! Sinon, l'idée d'un audioguide devrait faire son chemin... à moins qu'ils n'offrent des balados comme le Château de Versaille! (Quel hasard quand même que la visite qui suit ma note sur la baladodiffusion m'amène à envisager que cette technologie pourrait être leur solution!)

Cette guide était tellement expressive et informative, qu'il suffirait d'enregistrer sa visite pour que le tour soit joué (comme pour le guide de Versaille). Et avec un peu plus de moyens, il serait bien d'ajouter des images dans le balado pour montrer les détails qu'elle pointe dans un tableau afin que le visiteur s'y retrouve encore plus facilement.

Je suis donc sortie un peu déçue de cette visite. J'ai le sentiment d'avoir navigué dans une tonne d'information (pouvant être livrée par les tableaux et les objets), mais d'en ressortir avec aucune vision d'ensemble de l'histoire de la Paris.


Écrire une vignette d'artefact

Nous avons tous eu à écrire des vignettes pour les artefacts présentés en exposition. Pour ma part, j'hésite toujours entre une description factuelle (nom, auteur, date, etc.) et une mise en contexte plus élaborée. En fait, le type de vignette dépend principalement des autres éléments de l'exposition (panneaux, multimédia, démonstration, etc.). Ainsi, la vignette peut constituer un élément essentiel de la visite ou plutôt facultatif (ou plutôt un côté « pour en savoir plus »).

Ces derniers temps, j'ai vu passer des informations sur la liste Museum-L ou encore dans mon agrégateur. Peut être qu'elles vous seront utiles?

The Tech Museum Ressources for Museum Professionals Online

ISO Understanding : Rethinking Art Museum Labels par Museum 2.0

How to Exhibit par Stephen Richie, fondateur de ACI Design.

Wisconsin Historical Society : A Hierarchy of Labels. Voir également les autres rubriques de la section Help for Local Historians.

Alaska State Museum Bulletin : trois articles tirés de leur Bulletin sur les vignettes (voir au bas de la page).

Je trouve d'ailleurs fascinant et admirable que des musées publient ainsi leurs façons de faire et leur lignes directrices au niveau de la production de contenus muséaux. Cela me semble faire honneur à la mission première du musée qui est celle de partager des savoirs, des savoirs-faire et des savoirs-être.


Pourriez-vous m'aider à conseiller Lucie?

Il y a quelques semaines, j'ai reçu ce message de Lucie, étudiante en Master of Science in Strategic Management à l'EDHEC Business School, Lille-Nice. J'ai tenté de répondre à sa question, mais je dois avouer que je n'avais pas de réponse satisfaisante. Vous pourriez m'aider? Vous pouvez indiquer vos conseils dans les commentaire ou me les envoyer par courriel. Je ferai suivre.

Merci!


Voici le message de Lucie :

Je recherche les documents de premières recherches nécessaires à la rédaction de mon mémoire. Celui-ci a trait aux nouveaux développements stratégiques des grands musées d'Art au niveau international. Je recherche pour cela des statistiques me permettant de définir les critères de différenciation et d'évaluation des grands musées (Nombre de visiteurs, recettes, coûts de fonctionnement, répartition des moyens de financement, type d'activités et d'expositions).

Je suppose que ce genre de rapport regroupant des données sur les plus grands musées mondiaux existe. J'ai pu trouver sur le site de l'UNESCO un questionnaire qui a été transmis à travers le monde mais dont les résultats n'ont pas été révélés....

Auriez-vous des contacts à m'indiquer ou des références de documents (en français comme en anglais) disponibles au public ou universitaires dans le cadre de travaux comme le mien auxquels je pourrais accéder?

Merci beaucoup!


L'avenir de l'audioguide

armuz nous présente une très intéressante (comme toujours!) réflexion sur l'avenir des audioguides dans les musées.

Déjà ici, je constate de très grands changements. Comme tout le monde possède un téléphone cellulaire (portable) et un lecteur mp3 (ipod ou autre), les musées offrent à l'accueil deux possibilités :

- Un numéro de téléphone payant, mais à peu de frais (les fameux numéros débutant par 08 facturent entre 15 et 30 centimes la minute), qui offre la visite guidée. Cela a pour avantages que le musée ne s'encombre pas de machines qui se brisent tout en ayant un revenu minimal. Problème possible pour le visiteur : on ne peut pas revenir en arrière et le rythme doit être dicté par le «message» dans le téléphone.

- Télécharger la visite guidée en format podcast ou mp3 (ou autre? ... à moins que ce soit la même chose?... je ne suis pas pro à ce point-là ;-) ). Encore une fois, pas de problèmes de matériel à gérer et le visiteur peut gérer sa visite à sa guise. Cette visite guidée peut être gratuite ou payante (vendue sur un site de téléchargement tel itune).

J'aime un peu moins l'approche téléphone, quoi que les gens l'ont toujours sur eux. Le podcast, j'aime bien. Cet « outil » gagne d'ailleurs de plus en plus les créateurs de musée. Quelques lectures (j'en rajouterai au fur et à mesure que je les retrouverai) :

- voir la sélection de armuzdans la colonne de droite;

- section des podcasts du blogue Zeke's gallery


Encore les écrans tactiles...

Je ne peux que vous rediriger vers cette fascinante découverte de François : Les TIC, le hasard et la créativité [vidéo].

Regardez-bien le vidéo en entier. C'est absolument incroyable ce qu'ils peuvent faire! Et la mise en parallèle de François entre cette technologie et la façon de fonctionner de la pensée humaine est très juste. On imagine très bien comment, face à ce bidule, nous ne pouvons qu'apprendre par essais et erreurs ... et que c'est justement le plaisir qu'on en retire!


Tout sur l'exposition

Au détour d'une recherche (sur les maisons tournantes!) pour un mandat que j'ai présentement, je tombe sur cette exposition de la Villette que je me promets d'aller visiter rapidement : Changer d'ère. Le thème est le développement durable.

Si vous cliquez sur le lien, vous constaterez l'existence d'une section nommée Tout sur l'exposition. Tout, ça veut dire : le plan de l'exposition, quelques éléments visuels... et les textes! Je trouve ça absolument génial. Ça ne m'empêchera absolument pas d'aller voir l'exposition, au contraire, ça me donne le goût d'y aller puisque je veux voir les objets, les images, les multimédias, l'ambiance, etc. Ils ne peuvent évidemment pas être mis en ligne pour des questions de droit d'auteur, parce que ça allourdirait passablement le travail à réaliser et parce qu'on aurait alors vraiment l'impression de faire une exposition virtuelle plutôt qu'un outil promotionnel et informationnel (i.e. les infos pratiques). Avec la publication des textes, le site devient également un outil pédagogique et documentaire! Que je sache, les textes sont toujours propriété du musée? En tous cas, pour ma part, j'ai libéré les droits d'auteurs pour tous les projets de création, rédaction que j'ai eu avec des musées. Et après 9 ans, je peux vous dire que j'en ai eu!

Avec tous les contenus que nous créons dans les musées, je cherche encore des raisons valables pour ne pas les partager. À la limite, qu'ils soient publiés après la présentation de l'exposition.

Vous en avez?


ZAP Québec

Bon, je sais, je suis loin de Québec, mais ma ville occupe toujours mes pensées. Ça fait donc un bon moment que je suis le projet ZAP Québec (je connais plusieurs des initiateurs) et que je savoure le moment où, à notre retour, le tout sera effectif. Ok, un peu égoïste comme réaction. ;-)

Mais jusqu'à maintenant, rien là à bloguer sur le rapprochement entre ZAP et les musées.

Puis. Déclic. Je lis les suggestions des gens (section commentaires) au sujet des endroits où ils souhaitent qu'il y ait du wifi (connexion Internet sans fil et donc diffusée de façon ambiante).

Surprise. Joie. Satisfaction. Ils souhaitent qu'il y ait des ZAP près des deux musées nationaux de Québec!

Pourquoi je trouve ça intéressant? Même majeur? Parce que c'est le signe que les deux musées sont des phares pour la région et qu'il y a un intérêt pour les gens d'aller faire de l'Internet à proximité, voir au musée.

Savourez. C'est bon signe. Reste à adhérer. ;-)


Qu'est-ce qu'une bonne exposition?

Le Museums Australia Education Group nous partage cette réflexion au sujet de A good exhibition is….

J'en retiens l'extrait suivant :

«The need to cultivate a culture of critique around museum exhibitions.»


Et quand ils parlent de critique, je ne crois pas qu'ils parlent de journalistes qui critiquent nos expositions dans les médias, mais bien de commentaires de visiteurs. On dirait que le sujet est à la mode! ;-)


Interactivité avec les visiteurs

Très intéressante réflexion menée par Museum 2.0 sur l'apport des visiteurs à une exposition (via les commentaires, via les réflexion lors de la visite, via les échanges entre visiteurs, etc.). Il est très important de lire les commentaires de cette note, ils sont tout aussi intéressants que la note en soi.

À inclure dans les suites de cette réflexion amorçée ici et ... et non terminée.

Gracia a Museo abierto por ese enlace. ;-)


Artefacts, télé et cinéma

Encore une fois, Eye Level m'a inspiré cette réflexion. Jeff y raconte avoir eu la surprise de découvrir une des oeuvres du Smithsonian American Art Museum dans un épisode de Desperate Housewives.

Et au Québec, est-ce que ce genre de situation arrive dans vos musées? Recevez-vous des demandes de producteurs télé ou cinéma pour utiliser une de vos oeuvres? Si oui, il serait intéressant de le savoir en le mentionnant sur votre site!

J'aime particulièrement que cette oeuvre n'ait pas été montrée uniquement pour ses qualités visuelles, mais parce qu'elle véhicule un message. Il est certain que le téléspectateur ne connaîtra pas ce message d'emblée. Par contre, c'est justement le rôle du musée de prendre à sa charge cette information et sa diffusion. Eye Level l'a parfaitement réussi.

p.s. Vous constarez que la page d'accueil du SAAM change selon le téléchargement. De plus, est-ce un hasard?, une de ces images présente justement l'oeuvre vue dans l'émission. Brillante façon pour le site officiel et pour le blog de se soutenir mutuellement.

Également, vous aurez constaté que Jeff met dans son message un lien vers l'oeuvre en question vers la base de données publique des collections du SAAM. Il me semble très important si un musée veut devenir «2.0» (pour employer l'expression consacrée!), que sa collection soit publique. Bon, je vais faire une petite recherche pour voir quels musées québécois rendent publique leur collection.


Musée et publications jeunesse

Je travaille présentement à un mandat avec un éditeur canandien qui souhaite que je lui recommande une série de livres et de sites Internet afin de fournir des outils complémentaires aux enseignants qui se procurent ses manuels scolaires.

Un mandat en marge de ceux que je reçois habituellement, mais franchement fascinant puisque j'adore l'univers enfantin et encore plus la lecture.

Au détour d'une de mes recherches, je découvre ce livre : La course à l'hydrogène de Réal Godbout et Benoît Gauthier, en collaboration avec la Cité de l'énergie (éditions Soulières). Passon sous silence le douteux choix éditorial de calquer la maquette des Tintins, particulièrement Objectif Lune...

Je n'ai pas lu le livre, mais la description est suffisante pour comprendre qu'un thème cher à la Cité de l'énergie a été intégré à un ouvrage de fiction afin d'intéresser les jeunes.

Et pourquoi les musées ne développeraient-ils pas toujours une fiction pour jeunes lors de l'ouverture de chaque exposition? Avec toute la documentation que l'on recueille, il y a amplement de documentation pour un roman jeunesse, tout comme un album pour enfants!

... voilà qui m'intéresse énormément! Je pourrais combiner musées, expositions, lecture, écriture et enfance! ;-)


Wii et les musées

La nouvelle console Wii attire déjà beaucoup les regards (et les portes-monnaie vous direz!). Biensûr pour le volet amusement et certains trouveront cela un peu «léger». D'autres, comme Jonah Lehrer dans cet article du Seed Magazine croient que cette nouvelle technologie fait réellement vivre l'expérience du jeu vidéo. Il fait référence à la montée des émotions que nous pouvons vivre :

«To understand how the Wii turns Zelda into a passionate experience, we have to revisit an old theory of emotion, first proposed by the great American psychologist and philosopher William James. In his 1884 article "What is an emotion?" James argued that all of our mental feelings actually begin in the body.»

N'est-ce pas exactement ce que nous souhaitons faire dans les musées : faire vivre une expérience?

Quand pourrons-nous, créateurs de musées, faire appel à une telle technologie qui fera vivre au visiteur l'expérience du fonctionnement d'un objet ou encore d'assister «virtuellement» (un peu comme avec la pensine dans les livres de Harry Potter!) à un rite funéraire d'une autre époque?

J'ai juste hâte que la Wii soit disponible à Paris. ;-)

Via Internet Actu.net.


Technologies inspirantes

François vient de publier cette liste de technologies primées par le Time magasine.

Plusieurs de ces inventions faisaient partie des imaginations fantastiques (et un peu utopiques) du 20e siècle. Et nous y sommes déjà rendus.

Quelques-unes de ces inventions trouveront assurément leur place dans la panoplie des moyens utilisés par les musées pour «faire vivre une expérience» à leurs visiteurs.

Je retiens notamment :

  • Ce tissus qui permet, à distance et avec une technologie sans fil (bluetooth), de produire une  caresse, une accolade : cutecircuit.
  • Ces panneaux lumineux flexibles : Ceelite.

D'ailleurs, cette sphère me fait penser à deux globes célestes de Coronelli vus lors des Nuits blanches de Paris le 7 octobre dernier. Ils étaient, et sont encore présentés, à la Bibliothèque nationale de France.

Globe1

Globe2


Technologie versus guide animateur

René m'a fait suivre cette note publiée par Ascent Stage (l'auteur travaille chez IBM dans le secteur des applications technologiques au domaine du patrimoine et de la culture). Tolva y réfléchit sur la place des technologies dans les expositions en comparant certaines technologies à un «suppléant» de guide animateur. Intéressant comme point de vue!

«It is curious that Bausch suggests we use technology to do what the best human guides already do.»

Également, cette réflexion plus générale :

«It’s a tough problem actually and it is complicated by the fact that many museums (like traditional encyclopedias) operate as keepers of culture rather than sharers of it.»

Plus de guides? Plus de commentaires «vivants» disséminés au travers des expositions? Plus d'audioguides présentant l'exposition comme un guide le ferait plutôt que comme un conservateur?

Cela dépend évidemment de chaque exposition et de chaque élément à décrire. Il faut tout de même conserver en mémoire ce côté «ce n'est souvent pas aussi bien expliqué que si c'était un humain qui nous racontait le sujet ou l'objet».


Muséologie africaine

Une des choses qui m'intrigue beaucoup dans le domaine de la muséologie c'est justement comment la muséologie se met en place dans les différents pays.

Déjà, en venant ici à Paris, je perçois des différences avec le Québec. Pourtant, nos cultures sont similaires. C'est alors que ma curiosité croît encore plus pour les muséologies «non-occidentales».

Ce bulletin de l'AFRICOM m'en révèle une partie. Et je constate encore une fois à quel point les musées ont un rôle social. Ils sont réellement des lieux d'expression de l'identité d'un peuple.

Prenez le temps de lire la section sur les diverses expositions inaugurées sur le continent. Comme leurs réalités historiques et sociales me sont pour la plupart inconnues puisque propres à chaque lieu et à chaque peuple, on peut imaginer que ces expositions permettent réellement de comprendre son pays et donc de se comprendre soi-même.


Venise et l'Orient à l'Institut du monde arabe

Veniseetorient

Savoureuse visite de l'exposition Venise et l'orient à l'Institut du monde arabe. Ma seconde puisque la première était consacrée à l'Âge d'or des sciences arabes (j'en avais parlé ici).

Cette exposition nous fait découvrir les échanges qu'il y a eu entre la culture orientale et celle à Venise entre 828 et 1597. Ces échanges se situent à de multiples niveaux, notamment la diplomatie et l'économie, mais également l'art. Et de façon importante.

L'audioguide nous permet d'explorer les oeuvres présentées et d'en dénicher les éléments qui témoignent de ces échanges. Et c'est ce qui m'a le plus fascinée. Oui, les oeuvres étaient belles. Très belles même. Mais sans accompagnement, il ne nous est pas possible de décoder les éléments de l'oeuvre (orfèvrerie, tableaux, livres, etc.) qui témoignent de ces échanges. Durant l'écoute de l'audioguide, on se surprend à chercher le détail révélateur, l'écho à l'ailleurs, la répétition d'un élément découvert précédemment. Et l'audioguide a parfaitement réussi ce défi. Assez de détail pour comprendre le contexte et interpréter les objets qui se tiennent devant nous, mais pas trop de longueurs.

Je note au passage que l'on retrouve un superbe dossier de presse sur le site de l'Institut qui donne un excellent aperçu de l'exposition. Également une galerie virtuelle de quelques-uns des objets ainsi que des activités complémentaires : atelier de création, lire en fête (poésie), cinéma jeune (film de Michel Ocelo, auteur de Kirikou).

Des coups de coeur? Plusieurs.

- Un croquis préparatoire à une oeuvre dessiné sur les deux faces du papier. Et on réussit à voir les deux côtés (portraits) au cours de la visite. Chapeau pour la muséographie. Comme quoi la simplicité peut encore avoir sa place.

Jeunes

- Un groupe de jeunes adolescents qui s'installe par terre pour écouter la guide. Écouter? Disons que la moitié d'en avant écoutait. Celle d'en arrière regardait partout, mais sans regarder l'exposition. Ils étaient ailleurs. Absolument pas dans l'état d'esprit pour être présent.

- Une immense assiette en métal gravée avec des détails presqu'à l'infini, notamment du fil argenté soudé à l'assiette. Il faut se forcer à se rappeler qu'à cette époque, on travaillait encore à la force du bras et à la finesse de l'oeil et de l'outil. Pas de laser pour se simplifier la vie!

Bateau

- Un tableau dans lequel on retrouve de minuscules bateaux qui devaient être immenses.

J'aime beaucoup ce musée avec son approche nécessairement ouverte à l'Autre. Même s'il gagnerait assurément à élargir son approche et son traitement muséal en intégrant des volets thématiques et non seulement une exposition qui s'articule autour des objets.


Visite au musée qui tourne au ridicule

François a publié une note à l'effet qu'une enseignante aurait été suspendue pour avoir «exposé» ses élèves à des oeuvres d'art comportant de la nudité. Sculptures, peintures, etc.

Non, mais on frise le ridicule!

- où s'en va la confiance en nos professeurs quant à leurs capacités à agir en pédagogue?

- comment peut-on mettre en parallèle une réaction comme celle-ci avec les messages et images des médias quant aux «taille basse», «minceur extrême», «camisoles on ne peut plus plongeante», etc. sans parler des films et vidéos de chanteurs aux scènes on ne peut plus explicites. Est-ce que le parent en question, et ceux qui sont d'accord, envoient des plaintes aux médias? Aux producteurs de cinéma?

- ce qu'il peut être grand l'écart entre les valeurs de ces parents et celles des jeunes quant à l'éducation sexuelle (comme si la vue d'une oeuvre comme celle-ci ou celle-là pouvait contribuer à l'éducation sexuelle). Et quelle crainte ils ont justement de cette éducation!

- Mais surtout, surtout, comment une commission scolaire (district scolaire) peut bien donner suite à une plainte de la sorte! En donnant suite à cette plainte et surtout en suspendant l'enseignante, ils ont avalalisé les craintes du parent, ont discrédité leur confiance en leurs enseignants et se sont enlevé toute porte de sortie pour dédramatiser la situation.

Parce qu'elle doit être dédramatisée la situation. On ne parle pas de pornographie ou de sexualité explicite, on parle d'art. Voici d'ailleurs un résumé des collections du Musée d'art de Dallas.

... comme quoi les musées contribuent à l'éducation informelle de bien des façons!